Il existe plusieurs manières de conquérir un pays pour le dominer. Ou utiliser les militaires et prendre le contrôle du pays, ou beaucoup plus simple, réussir à pousser le pays qu’on désire conquérir dans le piège de la dette et faire en sorte qu’il soit obligé ensuite d’emprunter pour rembourser non pas sa dette initiale, mais les intérêts dus sur la dette. Il s’agit de pousser ce pays dans le court terme vers  la fuite en avant dans un endettement cumulatif. Grâce ce mécanisme pervers financier, on fait en sorte qu’une telle accumulation de dettes par un pays, n’a pas de rapport avec le développement des forces productives dudit pays. Et là, la boucle est bouclée. La capacité de remboursement des débiteurs est proche du zéro. Et c’est à ce moment là qu’entre en jeu la vraie colonisation du pays, déjà affaibli, amoindri, qui voit ses bourreaux comme des sauveurs. C’est en tout cas ce qui est arrivé à l’Egypte du début du 19ème siècle, lorsque le pays s’est refermé sur lui-même, et a cherché à copier les pays européens en créant sa propre révolution industrielle, par le développement d’un vrai tissu industriel national. Et tout cela s’est fait en comptant uniquement sur les moyens des Egyptiens, c’est-à-dire, sans aucun emprunt extérieur. Et contrairement aux pays européens, le gouverneur de la province égyptienne de l’empire Ottoman, Mohammed Ali cherche plutôt à créer un capitalisme d’Etat, comme nous le voyons aujourd’hui avec la Chine, en créant des manufactures d’État, au lieu de créer un capitalisme individuel comme en Europe.
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