Dans le secteur du pétrole, c’est la raffinerie qui est la partie la moins rentable, entre 12 à 18 dollars par tonne. Celui qui s’enrichit est celui qui produit le pétrole brut et non celui qui raffine les produits pétroliers finis (essence, gasoil…). Et malheureusement, les pays africains ont tous fait le choix de confier aux étrangers l’extraction de leur pétrole brut, pour se contenter des minables commissions, le Cameroun, le Gabon, le Tchad, le Nigeria et plus récemment le Sénégal. Tous se contentent de la partie la moins rentable, la raffinerie et se font même appeler « pays producteurs de pétrole », alors qu’ils ont raté le coach et donc ne sont et ne resteront dans ce schéma, que des spectateurs de l’exploitation, pire de la spoliation de leurs ressources. L’Afrique ne manque pas de raffinerie, celles qui existent ne sont utilisées qu’à 30% en moyenne. Le problème du continent africain est par conséquent le très faible nombre de raffineries, réellement en activité. La plupart sont à l’arrêt, pour manque d’argent pour les entretenir, à cause du point 1. A cause du point 1, 80% des raffineries qui existaient en Europe en 1960 sont tombées en faillite dont la moitié dans les années 1970 après la crise dite du pétrole. Pour tenter de rendre moins rude le point 1, les raffineries qui ont survécu l’ont été en se développant dans les complexes industriels, afin de livrer par des tuyaux les complexes pétrochimiques voisins Les raffineries sont moins rentables en Afrique qu’en Europe, à cause du coût et de la disponibilité de l’énergie, parce que les raffineries de pétroles sont par définition énergivores : pour sortir l’essence ou le gazole de la boue noire de pétrole, il faut chauffer cette boue à 500-600°c. La première raffinerie de pétrole Samir, unique raffinerie du pays, qui employait 867 salariés, construite au Maroc en 1961 et qui alimentait en carburant, les pays d’Afrique de l’Ouest, y compris le Nigéria, a été mise en liquidation judiciaire par un juge marocain le 21 mars 2016, à cause de sa montagne de dette qu’elle n’arrivait pas à rembourse, d’un montant total de plus de 45 milliards de dirhams (4,16 milliards d’euros). L’avenir n’est pas rose pour l’industrie pétrolière, notamment à cause de la baisse de la consommation qui est ininterrompue depuis la crise de pétrole en 1973 par la recherche des technologies moins énergivore et récemment accélérée par la course aux véhicules électriques. C’est la mode des voitures propres qui consomment moins (pour lutter contre les émissions du gaz à effet de serre). Dans beaucoup de pays, comme les États-Unis, le carburant issu de l’éthanol est en train de prendre le dessus. Dans la crise ukrainienne, si l’Inde raffine l’essentiel du pétrole russe vendu ensuite en Europe, c’est avant tout parce qu’avant la crise, elle avait des installations de raffinerie, qui produisaient de loin en déca de leurs capacités. Pire, le fait de monter en gamme et de tourner  à plein régime, a surtout eu comme conséquence de priver les raffineries européennes, de pétrole, notamment en Sicile, dans le sud d’Italie, qui tournaient presque toutes à environ 30% de leur capacité et qui sont désormais en très mauvaise posture et les faillites sont déjà programmées, pour plusieurs d’entre elles.    L’unique raffinerie du Cameroun, avant l’incendie de 2019, la Sonara était déjà en faillite depuis 2014, à cause de sa montagne de dette qu’elle n’arrive pas à rembourser. Voici l’intitulé de ce constat établi par la Commission technique de réhabilitation des entreprises du secteur public et parapublic (CTR) en 2019 : « La Sonara [Société nationale de raffinage] se trouve dans une situation de faillite depuis l’exercice 2014, conformément aux dispositions de l’article 664 de l’acte uniforme Ohada relatif au droit des sociétés commerciales et du Groupement d’intérêt économique, car ses capitaux propres sont inférieurs à la moitié de son capital social ».  A la fin du mois de décembre 2021, la Sonara  devait aux banques, 261 milliards de francs CFA et aux traders, 371 milliards de francs CFA. Sa reconstruction nécessitait 250 milliards de Francs CFA déjà prélevés à la pompe à hauteur de 47,88 francs CFA sur chaque litre de carburant acheté par les camerounais.  Dans l’industrie du pétrole, le plus difficile et donc le plus rentable n’est pas de raffiner, mais d’extraire le pétrole. La seule possibilité d’être rentable pour les raffineurs, c’est de sortir tous les 8 dérivés de pétrole, comme me mazout pour le chauffage. Mais en Afrique, ce n’est pas utile. Donc, l’Afrique a un point de compétitivité en moins, et donc, ce n’est pas intéressant de raffiner le pétrole dans une Afrique, sans complexe pétrochimique et sans abondance de l’énergie électrique.
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