Aujourd’hui, nous savons que Isaacs a menti sur plusieurs points dans son livre, tout au moins à propos de son sujet principal : Chaka Zulu ! Puisqu’il est loin de s’imaginer que son ami Flynn, au lieu de suivre son conseil, va écrire dans son journal intime la phrase conseillée par Isaacs en 1832 : « Fais paraître Chaka aussi sanguinaire que tu le pourras ». Mais pourquoi ? Les historiens et romanciers britanniques vont prendre pour argent comptant les affirmations de Isaacs et s’engouffrer dans cette brèche pour enfoncer le clou d’un Chaka « le mauvais sauvage » qui aurait tué 7.000 personnes de son propre peuple pour venger la mort de sa mère et surtout, il aurait interdit à toutes les femmes de son royaume de rencontrer leurs maris pendant un an et surtout de ne pas boire le lait pendant un an. L’Anglais Rider Haggard va même plus loin dans un roman publié en 1917 où il affirme : « Ce Napoléon africain... a massacré plus d’un million d’hommes. » Les racistes européens durant l’apartheid en Afrique du Sud, vont choisir Buthelezi qu’ils sacrent comme le descendant direct de Chaka Zulu et l’incitent à ne pas accepter l’autorité de l’Anc, puisqu’il descendrait d’une lignée très prestigieuse de Chaka Zulu. L’organisation militaire au sein de son parti, l’Inkatha se dit venir tout droit des stratégies militaires de Chaka Zulu.
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