J’avais à l’Université de Pérugia en Italie, au cours d’Histoire Economique, un module intitulé : « Storia sociale e culturale del Made in Italy » (Histoire sociale et culturelle du Made in Italy). Comme l’Allemagne, l’Italie avait 2 contraintes à effacer : Rome et Berlin étaient des villes à faire oublier, parce que porteuses du fascisme et du nazisme, donc pas très flatteur pour porter l’image du pays. Voilà pourquoi dans ces pays, on va développer les marques loin des capitales, afin de faire oublier les affres de la guerre. En Italie, il a fallu localiser les villes porteuses du futur Made in Italy, qui devaient forcément avoir été des villes résistantes à Mussolini et à Hitler. Ainsi, ce sont les régions communistes de Emiglia Romagna et la Toscane qui seront privilégiées. Ce n’est pas un hasard si la Ferrari est de Modena, c’est-à-dire dans la même région pourtant communiste de Emiglia Romagna, comme le Parmigiano Regiano (parmesan) c’est-à-dire de la ville de Parma (non loin de Modena). On a même pu, pour renforcer  ce qui deviendra ensuite le Made in Italy, créé des concurrences entre 2 fromages de la même région, le Parmigiano Regiano et le  Grana Padano. Ainsi, ceux qui préparaient au lancement du futur Made in Italy ont décidé que le Parmigiano Reggiano, serait un fromage produits par les vaches nourries exclusivement de fourrage frais et de foin, alors que pour produire le fromage concurrent, le Grana Padano, les vaches pouvaient se nourrir aussi d’herbes séchées. Pour aller encore plus loin, il a été imposé que, le Parmigiano-Regiano (Parmesan) serait fabriqué exclusivement avec du lait de la race de vache regiana, c’est-à-dire locale, alors que le fromage concurrent, moins prestigieux, le Grana Padano serait fabriqué avec les laits provenant de n’importe quelle vache d’Italie.
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