Il y a quelques années, alors installé en Italie, je voulais ouvrir une succursale de mon usine italienne en Suisse. Une des conditions était que mon dossier soit accepté par l’Office des Populations de Genève. J’ai alors adressé ma demande de création d’une entreprise dans le Canton de Genève à l’Office des Populations qui me répond 3 mois plus tard par le refus.  Ce qui est plus intéressant pour nous dans cette histoire n’est pas tellement qu’ils m’aient refusé de venir m’installer en Suisse. Mais c’est : Pourquoi ont-ils refusé ? C’est la motivation qui figurait en dessous de la sentence de refus : « La Suisse a un énorme problème d’emploi pour ses propres habitants. Et il n’y a donc pas d’offre de travail pour de nouveaux arrivants. C’est pour cela que nous sommes au regret de vous annoncer que votre demande de vous installer en Suisse ne peut être acceptée ». Voilà, plus ou moins la réponse que j’ai reçue, accompagnée d’une quittance me demandant de faire un virement pour le traitement de mon dossier. J’y ai répondu avec un courrier dénonçant le manque de sérieux et de professionnalisme, mais aussi pour dénoncer le racisme institutionnel de l’Etat de Genève. Voici la phrase que j’avais écrite en conclusion de ma lettre : « J’ai l’impression qu’à Genève, l’Etat a l’habitude de se moquer des africains. Comment pouvez-vous me demander de payer des frais de traitement d’un dossier que vous n’avez même pas lu au-delà de la première ligne vous communiquant ma nationalité camerounaise ? Si vous aviez lu mon dossier, vous auriez été informés d’une chose aussi simple que banale : je ne cherche pas le travail, je crée le travail. Je n’ai pas demandé à m’installer en Suisse comme Salarié, mais comme Patron. Et si vous me refusez sous prétexte qu’il n’y a pas de travail en Suisse, c’est la preuve même que vous n’avez même pas ouvert mon dossier. C’est pour cela que je vous retourne impayée, votre quittance et c’est à vous de savoir où vous devez l’accrocher. »
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