Xi Jinping n’a pas mis les pieds à New York pour l’Assemblée générale. Il n’a participé qu’à la visite d’État à Washington, et la Chine a délibérément envoyé un représentant diplomatique pour le segment multilatéral à l’ONU.
La 81ᵉ Assemblée générale des Nations unies (AGNU) s’est ouverte le 8 septembre 2026, et son débat général, le moment où les chefs d’État interviennent, s’est tenu du 22 au 26 septembre, puis le 28 septembre 2026.
Le séjour de Xi Jinping aux États-Unis s’est déroulé à Washington du 23 au 25 septembre 2026. Cette Visite d’État à l’invitation du président américain Donald Trump se déroule exactement à la semaine de haut niveau de l'Assemblée Générale des Nations Unes, l’AGNU.
23 septembre : arrivée à Washington
24 septembre : cérémonie militaire, entretien bilatéral, dîner d’État
25 septembre : retour pour Pékin
Aucun déplacement à New York.
La Chine a choisi de séparer strictement la scène multilatérale (ONU) de la scène bilatérale (États-Unis), ce qui est cohérent avec sa doctrine :
Multilatéralisme = Ministère des Affaires étrangères ; Bilatéral = chef de l’État.
De quoi s'agit-il ?
Pour répondre à cette question, aujourd'hui, nous allons étudier les théories suivantes :
1) La "Transition hégémonique" développée par Organski, et Gilpin
2) Le "Balancing by engagement" développé par Schweller
3) La "Contestation institutionnelle" développé par Ikenberry, Lake, et Acharya
4) Le "Réalisme offensif" dont nous avons déjà parlé, développé par Mearsheimer
5) Le "Symbolic power shift" développé par Buzan, et Wæver
1) LA TRANSITION HEGEMONIQUE
La "Théorie de la transition hégémonique" a été développée par deux auteurs, le premier est
a) A.F.K. Organski, (1923–1998).
Il est né à Varsovie en Pologne. Il a enseigné à l'University of Michigan aux États-Unis.
Il a écrit un livre où il développe pour la première fois cette théorie. Il s'intitule "World Politics" publié en 1958.
Dans ce livre, Organski explique ceci :
L’ordre mondial est structuré autour d’un hégémon. Une puissance montante finit par rattraper l’hégémon. Quand elle atteint environ 70 à 90 % de la puissance de l’hégémon, elle entre dans une zone de transition dangereuse.
Le challenger commence à contester les institutions créées par l’hégémon. Il cherche à déplacer le centre du pouvoir.
C'est exactement ce que Xi Jinping vient de faire : il a déserté l’ONU (institution de l’hégémon) pour aller directement dans le sanctuaire de l’hégémon (Washington).
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