Quand le sucre coûte 330 FCFA le KG sur le marché mondiale, le prix de 1000 FCFA le kg de Sosucam est une condamnation à mort de l'entreprise. COMMENT A FAIT LE CAMEROUN POUR SE TROUVER DANS CE BOURBIER ? Dans la revue "Politique africaine"  n° 18  de l'Année 1985, à la page 45 de l'analyse intitulée : "Cameroun : Les avatars d'un libéralisme planifié", l'économiste français J-C Willame écrit : ------------------------------- (...) Le « libéralisme planifié », leitmotiv officiel du mode de développement camerounais, était supposé substituer l’État à une initiative privée défaillante. En fait, la planification camerounaise ne fut souvent rien d’autre qu’une liste de projets d’investissement public désirables au lieu d’être un exercice rigoureux et intégré. -------------------------------- Source : https://www.persee.fr/doc/polaf_0244-7827_1985_num_18_1_4002 Le « libéralisme planifié » selon Willame est un État qui planifie, sans planifier. Willame écrit que la planification camerounaise n’était qu’une liste de projets désirables, et non un système rationnel d’allocation des ressources. Là où Willame a raison est qu'effectivement, le Cameroun n’a jamais eu une véritable planification économique, mais une planification de prestige. Quand on analyse chaque plan dit quinquennal, on se rend compte tout simplement que les plans différents quinquennaux étaient des catalogues de projets, et non des stratégies industrielles. Les entreprises publiques étaient créées pour exister, et non pas pour être rentables. Après l'indépendance du Cameroun le premier janvier 1960, les multinationales françaises dans la logique pure de la Françafrique, étaient invitées pour légitimer les projets morts-nés, et non pas pour transférer des compétences. L’État se substituait à un secteur privé « défaillant », mais sans jamais créer les conditions de son émergence, de sa réussite. Résultat des courses : un État camerounais qui investit massivement dans des projets non viables, non rentables, mais politiquement utiles. CAMSUCO, l'ancêtre de Sosucam en est l’exemple parfait : un projet surdimensionné, justifié par une pénurie fictive de sucre, financé par des crédits à court terme à taux exorbitants, et dont la demande locale ne justifiait pas l’existence. On peut légitimement se demander ce qu'il y avait d'aussi urgent pour un pays colonisé qui vient d'avoir sa souveraineté de s'endetter non pas pour financer son éducation, mais pour une urgence idiote, le sucre ! Qu'y avait-il d'aussi prioritaire et stratégique pour que le Cameroun renoncer à s'endetter pour financer l'éducation et la montée en puissance de ses propres ressources humaines, pour mettre comme priorité non pas un céréale pour combattre la famine, mais un ingrédient, un accessoire sans aucune importance, le sucre ? LES FAITS  La campagne mondiale 2025/26 de production de sucre marque un tournant : la production mondiale atteint 189–190 millions de tonnes, pour une consommation de 177–178 millions. Cela signifie un excédent massif de 11–12 millions de tonnes, une reconstitution des stocks à 44–45 millions de tonnes, et une pression durable sur les prix. Cet excédent n’est pas conjoncturel : il résulte de rendements agricoles en hausse, de nouvelles variétés de canne, et de gigantesques capacités industrielles au Brésil. ---------------------- Source : https://foodcom.pl/fr/apercu-du-marche-du-sucre-en-2026-rapport-mondial LE PRIX MONDIAL DU SUCRE EST DE 330 FCFA LE KG CONTRE 1000 FCFA, LE PRIX DE SOSUCAM SUR LE MARCHE  Le Sugar #11 est le contrat de référence mondial pour le sucre brut, tandis que le Sugar #12 est par exemple, un contrat très secondaire, quasi local, utilisé pour le sucre raffiné aux États‑Unis. En d'autres mots, #11 = le marché mondial du sucre brut   C’est pour cela que tous les analystes, traders, institutions (FAO, USDA, Rabobank, Czarnikow, etc.) utilisent le contrat #11 pour parler des prix internationaux. Ce Sugar #11, ce contrat mondial du sucre brut est négocié sur l’ICE (Intercontinental Exchange). C’est le benchmark international pour le sucre brut (raw sugar), exporté par les principaux pays producteurs de sucre que sont, le Brésil, l’Inde, la Thaïlande, le Mexique, l’Australie, et tous les pays tropicaux. Il représente 90 % du commerce mondial du sucre. C’est donc le prix qui détermine la rentabilité des sucreries dans le monde entier, y compris SOSUCAM. Le prix  (#11) en 2026 est de 14,7 cents/lb. Cela correspond à environ 324–330 FCFA/kg sur le marché mondial du sucre brut. Selon Somdiaa et la Fao, le sucre de SOSUCAM, lui, coûte entre 650 et 750 FCFA/kg départ usine, et 900–1 200 FCFA/kg pour le consommateur camerounais. Donc : le sucre camerounais coûte 2 à 3 fois plus cher que le prix mondial.
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