Marcel Mauss était un sociologue et anthropologue français, né le 10 mai 1872, Épinal (Vosges), et mort le 10 février 1950, à Paris, professeur à l’École Pratique des Hautes Études (EPHE) et figure centrale de l’Institut d’Ethnologie.
Il est le neveu d’Émile Durkheim, fondateur de la sociologie française.
Mauss est l’un des piliers de l’école durkheimienne.
A l'EPHE, il y occupe la chaire de l'histoire des religions des peuples non civilisés.
En 1925, il écrit un livre intitulé "Essai sur le don" dans lequel il développe sa "Théorie du don", parlant des peuples non civilisés.
Le nom complet de son livre est : "Essai sur le don. Forme et raison de l’échange dans les sociétés archaïques". Dans ce livre publié il y a 101 ans, en 1925, Mauss y analyse les systèmes de don dans les sociétés polynésiennes, mélanésiennes, amérindiennes, etc.
Il y montre que le don repose sur trois obligations : Donner, Recevoir, Rendre. Si ces trois choses ne sont pas réunies, le bénéficiaire du don, est susceptible de devenir un ennemi pour celui qui a donné.
Si celui qui reçoit l'aide ne peut pas le restituer, c'est la preuve qu'il n'en a rien fait et donc, qu'il a échoué. Et pour ne pas confirmer son échec, et donc vous dire merci de façon perpétuelle, il va préférer faire de vous un ennemi. En tout cas, c'est ce que soutient Mauss.
En d'autres mots, si vous donnez 100.000 francs à quelqu'un, il lance un commerce avec et réussit au point de vous acheter quelqu'un chose en retour, qui vaut plus que les 100.000 F, il sait que vous êtes quittes, puisqu'il a en quelque sorte remboursé sa dette, le don initial. Mais s'il est un fainéant et ne réussit à rien faire de cet argent. Alors, il deviendra votre ennemi.
Puisqu'il sait que à chaque rencontre avec vous, ou bien, chaque fois qu'il dira à quelqu'un que vous l'avez aidé avec 100.000 Francs, conscient de n'avoir aucun bon bilan à vous présenter, il choisira de mal parler de celui qui a fait le don. Ainsi, il transpose la faute de son impuissance, sur le donateur.
La Théorie du don de Mauss est importante pour comprendre mon expérience des gens que j'ai acceptés gratuitement à ma formation et qui me détestent aujourd'hui.
Ces formations gratuites ont créé chez certains, du ressentiment, alors que les formations coûteuses créent encore aujourd'hui, au contraire, beaucoup de remerciements et de l’engagement. C'est la logique de Mauss :
- Le don gratuit crée une dette impossible à rendre, parce que le bénéficiaire qui n'a rien réalisé grâce au don, peut se sentir humilié. Et dans ces conditions, se retourner contre le donateur.
- Le don équilibré (9200 €) crée une relation symétrique. Le bénéficiaire se sent responsable. Il s’engage. Il se transforme.
- Le sacrifice rétablit l’équilibre du don : Le contre-don devient possible (effort, discipline, réussite). La relation devient stable.
La théorie du don de Marcel Mauss, l’un des piliers de la sociologie moderne, explique pourquoi un don n’est jamais gratuit, pourquoi il crée des obligations, pourquoi il structure les relations sociales, et pourquoi, dans certains contextes, donner à des personnes en situation de précarité peut produire du ressentiment, plutôt que de la gratitude.
Mon expérience avec les formations gratuites ou très peu coûteuses s’inscrit exactement dans cette logique.
Le principe fondamental est que le don n’est jamais gratuit. Pour Mauss, un don implique toujours trois obligations : Donner, Recevoir et Rendre. Ces trois obligations forment un système moral qui structure les relations humaines.
Quand l’un des trois éléments manque, la relation devient instable, voire conflictuelle.
Quand vous donnez à quelqu'un qui prend et cette personne n'est ensuite pas capable de vous le rendre, soit avec la gratitude, soit par son propre succès, cette personne finira immanquablement à se retourner contre vous, parce que selon Mauss, il manque l'un des trois piliers.
Pour Mauss, le don crée une obligation morale, parce qu'il n’est pas un simple transfert matériel, c’est un acte social qui engage l’honneur, la dignité, la réputation.
Recevoir un don signifie reconnaître la valeur du donateur, cela veut dire implicitement, accepter une dette symbolique, morale, qui oblige à s’engager à rendre quelque chose (effort, loyauté, reconnaissance).
Ce mécanisme, selon Mauss, est universel et observé en Polynésie, dans la Rome antique, dans les sociétés africaines, en Europe médiévale.
Question :
Que se passe-t-il quant le don est trop grand ou trop généreux, gratuit ?
Réponse :
J'ai toujours été conscient du fait que le passage de la gratuité de mes formations à 9200 euros, créerait pour les premiers bénéficiaires qui, m'accusaient même de ne pas suffisamment les accompagner et passer ma vie à leur service, pour les 300 euros qu'ils m'avaient versés, une sorte de ressentiment et de haine contre moi, au fur et à mesure qu'ils comprendront la vraie valeur du don (9200 euros) que je leur avais fait au début à seulement 300 euros et que beaucoup n'avaient même pas pu payer.
Mauss insiste sur un point crucial : un don trop généreux peut être ressenti comme humiliant par celui qui le reçoit, si ce dernier n'est pas un vrai battant capable de fructifier le don "presque gratuit" ainsi reçu. Parce qu’il crée une dette morale, impossible à rembourser.
Dans ce cas, le bénéficiaire peut se sentir inférieur, se sentir exposé, se sentir obligé, se sentir jugé, ou même, se sentir juste incapable de rendre quoi que ce soit.
Et cette incapacité à rendre peut se transformer en jalousie, en ressentiment, en hostilité, ou même, en retournement contre le donateur.
C’est exactement ce que j'ai vécu.
Mauss arrive ainsi à la conclusion implacable que "Le don gratuit dans les classes populaires est un mécanisme explosif".
Dans les milieux où les ressources sont rares, le don gratuit peut provoquer selon Mauss, trois choses :
A) La Frustration relative : Le bénéficiaire compare ce qu’il a reçu à ce qu’il pense mériter. Si le résultat n’est pas miraculeux, il accuse le donateur. Il se dit que les 300 euros qu'il a payés aurait dû lui donner la baguette magique pour effacer les sur-endettement avec les banques qu'il avait avant de faire ma connaissance.
Son seul déplacement jusqu'à Nuremberg, pour voir et écouter Pougala aurait dû lui dire comment effacer ses dettes. Et transformer son état de salariés au bas niveau de l'échelle social en homme d'affaires à succès. Après tout, 300 euros pour cinq jours de formation avec déjeuner et hotel en Allemagne payés par Pougala, c'est quand même beaucoup d'argent.
B) Un Capital social négatif : Les personnes des classes populaires (les pauvres) valorisent souvent la plainte, la suspicion, la jalousie, la critique de ceux qui réussissent.
Lire le contenu
....
Dernières nouvelles