La diaspora africaine n’est pas une diaspora économique !
Dans l’histoire moderne, les grandes diasporas qui ont transformé leurs pays d’origine, italienne, chinoise, indienne, libanaise, ont migré avec un capital économique (épargne, réseaux commerciaux), un capital culturel (maîtrise des codes de la société d’accueil), un capital institutionnel (structures communautaires fortes), et un capital technique (savoir-faire productif).
La diaspora africaine, elle, migre majoritairement avec un capital de survie (fuite de la dictature, de la misère, de l’insécurité), un capital scolaire fragile (diplômes souvent dévalorisés), un capital social limité (réseaux communautaires fragmentés), un capital psychologique épuisé (trajectoires migratoires traumatiques).
Ce n’est pas une faute morale. C’est un simple fait historique. La diaspora africaine n’est pas née pour investir, elle est née pour s’échapper.
Résultat des courses: Beaucoup d’Africains en Europe semblent “sans manuel d’instruction”. Pour le comprendre, il faut sortir de la psychologie individuelle et regarder les structures d’intégration.
A) L’Europe n’a jamais conçu de projet d’intégration pour les Africains
Contrairement aux diasporas asiatiques ou latino-américaines, la communauté africaine en Europe ne s'est jamais battue en groupe uni, pour que les gouvernements des pays d'accueil fassent ce qu'ils ont déjà fait pour les autres communautés, notamment, les programmes d’intégration économique appropriés et dédiés, les politiques de transfert de compétences, la diaspora africaine n'a pas bénéficié comme les Arméniens en France, des passerelles institutionnelles dédiées, pas de reconnaissance des diplômes, pas de stratégie d’insertion dans les chaînes de valeur.
Les Africains arrivent dans un système qui ne les attend pas.
B) Les États africains n’ont jamais formé leurs citoyens à la modernité institutionnelle.
Les systèmes éducatifs africains sont théoriques, administratifs, déconnectés de l’économie réelle, incapables de transmettre les codes sociaux européens (bureaucratie, contrat, fiscalité, normes, négociation).
Résultat des courses : L’Africain arrive en Europe sans les outils cognitifs pour décoder la société.
C) La migration africaine est une migration de détresse, pas de projet
Les Italiens migraient avec des métiers. Les Chinois migraient avec des réseaux. Les Indiens migraient avec des compétences techniques.
Les Africains migrent avec une histoire coloniale non digérée, des États faillis, des systèmes scolaires obsolètes, des traumatismes politiques, des identités fragmentées.
Ce n’est pas un manque d’intelligence. C’est un manque de préparation structurelle.
Il faut ajouter à tout cela le piège tribal : la fragmentation comme héritage colonial
Les Africains reproduisent dans la diaspora les catégories coloniales qui les ont fragmentés.
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