Avant hier dimanche 6 septembre 2026, à la une du principal quotidien économique des Etats-Unis, le wall Street Journal, on pouvait ce titre : "Les patients s’envolent vers la Chine pour recevoir le dernier traitement contre le cancer" Sous-titre : Shanghai est une destination privilégiée, avec des coûts inférieurs à ceux de l’Occident et une innovation en biotechnologie   Jonathan Cheng écrit : ---------------------------------- SHANGHAI—Michael Walters, 25 ans, venait de commencer son premier emploi à temps plein après l’université lorsqu’on lui a diagnostiqué l’an dernier un lymphome non hodgkinien, un cancer du sang. Walters, originaire de Nouvelle-Zélande, a subi plusieurs cycles infructueux de chimiothérapie, radiothérapie et immunothérapie à Auckland. Puis les médecins lui ont parlé du traitement CAR-T, dans lequel les cellules immunitaires d’un patient sont extraites, réingéniérées en laboratoire et réintroduites dans le corps pour combattre les cellules cancéreuses. (...) ----------- Source : https://www.wsj.com/health/healthcare/patients-are-flying-to-china-for-the-latest-cancer-treatment-528659c3 De quoi s'agit-il ?  Il s’agit du traitement CAR‑T, une thérapie génique de pointe, et si des patients s’envolent vers la Chine, ce n’est pas seulement pour le prix : la Chine est devenue, en moins de vingt ans, l’un des centres mondiaux les plus innovants en biotechnologie, avec une capacité d’industrialisation, de régulation rapide et de planification scientifique que les États‑Unis n’ont plus. Le traitement CAR‑T (Chimeric Antigen Receptor T‑cell therapy) est une thérapie de pointe dans laquelle, les lymphocytes T du patient sont prélevés ; ils sont réingéniérés génétiquement pour reconnaître et détruire les cellules cancéreuses ; ils sont réinjectés dans le patient. C’est l’une des thérapies les plus avancées de l’oncologie moderne, issue de la convergence entre biologie moléculaire, ingénierie génétique, IA biomédicale et production cellulaire industrielle. Pourquoi les patients occidentaux se précipitent vers la Chine ? Le Wall Street Journal souligne deux raisons : coût et innovation. Les deux sont vrais, mais à mon avis, l’innovation est le facteur déterminant. a) Coûts inférieurs Un traitement CAR‑T aux États‑Unis peut dépasser 400 000 à 500 000 USD. En Chine, les coûts sont souvent 40 à 60 % inférieurs, grâce à une chaîne de production locale intégrée et à des hôpitaux publics capables d’absorber une partie des coûts. b) Innovation plus rapide Selon le WSJ, la Chine n’est pas seulement moins chère : elle innove plus vite. Les données du WSJ montrent que la Chine dépose plus de brevets en biotechnologie que les États‑Unis depuis 2020 ;  la Chine met sur le marché plus de thérapies cellulaires que n’importe quel autre pays ; elle autorise plus rapidement les essais cliniques et les applications industrielles ;  c) Un écosystème hospitalier‑industriel unique Shanghai, Guangzhou, Shenzhen et Beijing ont construit des clusters biomédicaux où les hôpitaux universitaires, les laboratoires de génétique, les fabricants de bioprocédés, les startups de biotech, les géants comme WuXi AppTec, Fosun Pharma, BeiGene travaillent dans le même périmètre géographique, avec une coordination publique.  Ce qui n'est pas le cas des Etats-Unis où l'état doit tout simplement s'effacer. Question :  Comment la Chine a-t-elle fait pour devenir la plus innovante du monde en biotechnologie en moins de 20 ans ? Réponse : C'est là où se croise la force du Communisme face au Capitalisme. Le premier regarde l'utilité pour l'humanité et ne regarde ni la montre ni la caisse pour y parvenir, alors que le second pose avant la question de rentabilité et donc de profit immédiat. Je vais revenir dessus plus loin. Pour l'instant, restons aux explication du quotidien américain, sur ce qui fait la force de la Chine en matière biomédiacale, tel qu'identifié par le Wall Street Journal : a) Une planification scientifique de long terme (20–30 ans)
Lire le contenu