"Le FMI et la Banque Mondiale ont fait passer le PPP pour un outil de développement alors que ce n'est qu'un piège supplémentaire pour la gouvernance néolibérale, ce n'est qu'un appât dissimulé, pour approvisionner la chaine alimentaire de l'impérialisme occidental." Jean-Paul Pougala
INTRODUCTION
Lors d'une prise de parole en marge d'un sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) à Bichkek, au Kirghizistan avant-hier 1er septembre 2026, Vladimir Poutine a eu recours à des métaphores animales. Il a repris une ancienne expression soviétique en qualifiant l'Occident de « requin de l'impérialisme ». Et a précisé que "la Russie n'acceptera pas de faire partie de sa chaine alimentaire internationale".
Lorsqu'on analyse la modèle imposé par l'Occident à l'Afrique, dénommée Partenariat Public Privé (PPP), on peut dire que, contrairement à la Russie, les pays africains ont accepté de faire partie de la chaine alimentaire internationale des requins de l'impérialisme occidental.
La formule de Vladimir Poutine de l’Occident comme « requin de l’impérialisme » et la Russie refusant d’être dans sa chaîne alimentaire, peut être transposée à l’Afrique, qui elle a accepté, depuis les années 1960, d’être intégrée dans la chaîne alimentaire de cet impérialisme, comme fournisseur de matières premières, débouché commercial, et terrain d’extraction financière.
Mais que signifie « chaîne alimentaire de l’impérialisme » dans la bouche de Poutine ?
C'est une métaphore systémique :
Poutine décrit l’Occident comme un prédateur systémique qui impose ses normes, qui capte la valeur mondiale, qui organise la dépendance, qui dévore les marges de souveraineté des autres États.
C’est une critique structurelle du système né en 1945, celui du modèle Bretton Woods, dominé par le dollar, le FMI, la Banque mondiale, et les multinationales occidentales.
La Russie refuse d’être un « pays proie »
Cela signifie, refus de dépendre du dollar, refus des sanctions comme instrument de discipline, refus de l’ouverture totale des marchés, refus de la privatisation des secteurs stratégiques, refus de la subordination géopolitique.
La Russie dit : Nous ne serons pas un pays périphérique dans votre système.
L’Afrique, elle, a été intégrée dans cette chaîne alimentaire :
Depuis 1945, l’Afrique occupe trois fonctions dans le système Bretton Woods : comme fournisseur de matières premières (pétrole, cacao, uranium, cobalt), comme marché captif pour les produits manufacturés occidentaux, et comme réservoir de rentes pour les multinationales (PPP, concessions, privatisations).
C’est la définition d’une proie économique.
De quoi parle le président Poutine ?
BRETTON WOODS A EMPECHE L'INDUSTRIALISATION DE L'AFRIQUE
Les règles imposées par le FMI et la Banque mondiale ont interdit les politiques industrielles, interdit les subventions productives, imposé les privatisations, imposé l’ouverture commerciale, imposé la dépendance au crédit extérieur, imposé les PPP que les présidents africains croient naïvement être une panacée pour sortir de la misère.
Résultat des courses : L’Afrique n’a jamais pu monter dans la chaîne de valeur. Elle est restée à la base de la chaîne alimentaire impériale dont parle le président Poutine. Et les PPP sont un instrument de cette prédation.
Les PPP captent les revenus publics, imposent des garanties souveraines, indexent les contrats en devises, privatisent les bénéfices, et nationalisent les pertes. C’est une extraction de valeur bien organisée, à la faveur des multinationales occidentales.
Question :
Qu'est-ce qui explique que la Russie refuse ce système alors que l’Afrique y est restée et l'accepte sans broncher ?
Réponse :
La Russie a une base productive.
La Russie possède une industrie lourde, de l'énergie bon marché, l'armement, l'agriculture moderne, et les technologies stratégiques. Elle s'est donné les moyens pour dire non.
L’Afrique n’a pas eu cette base productive.
L’Afrique a été empêchée de créer des industries, de protéger ses marchés, de financer ses infrastructures productives, de développer ses machines‑outils, et de construire une souveraineté monétaire.
Lire le contenu
....
Dernières nouvelles