1) La santé n’est pas un domaine séparé : c’est une variable économique fondamentale
Dans toute économie, trois conditions déterminent la capacité d’un pays à produire : la santé des travailleurs, le capital technique et les institutions.
Si la santé s’effondre, les deux autres deviennent inutiles. C’est pour cela que les théoriciens de la discipline comme Adam Smith, karl Marx, Amartya Sen ou Foucault ont tous traité la santé comme un pilier de l’économie.
Car la santé n’est pas un “secteur”, c’est une infrastructure biologique de la production.
2) Une économie n’existe que si les corps qui la composent sont capables de produire
À quoi sert une théorie économique dans un pays où les gens meurent à 30–40 ans ?
Cette petite question peut vous sembler anodine et sans importance. Mais c’est exactement la question prioritaire que se posent les économistes du monde entier pour justifier les investissements massifs dans la santé.
Parce qu'ils arrivent tous à la même conclusion sans appel, qu'un pays où les adultes meurent jeunes est un pays où la force de travail disparaît avant d’être pleinement productive ; c'est un pays où le capital humain n’a pas le temps de se former ; où les coûts de remplacement explosent ; les familles où les enfants sont orphelins trop tôt, s’appauvrissent plus rapidement ; les institutions perdent leurs cadres ; les investissements deviennent risqués ; où la croissance devient mathématiquement impossible.
Dit en d'autres mots, la mortalité précoce est un impôt invisible sur la productivité nationale qui doit préoccuper tout économiste sérieux. C'est ce qui explique que j'avance sur de nombreux sujets, mais je reviens sans cesse sur la santé des Africains et la mortalité précoce qui est un chronique en Afrique.
3) L’économiste est légitime pour parler de santé parce que la santé est un produit de l’économie
La santé dépend des ressources que l’économie a réussi à créer. Sans économie productive, il n’y a pas d'hôpitaux ; pas de laboratoires d'analyses médicales ; pas de médicaments ; pas d'eau potable ; pas d'égouts ; pas d'assainissement ; pas de nutrition ; pas de prévention ; sans économie, il n'y a pas d'infrastructures sanitaires ; sans économie, il n'y a pas de formation médicale.
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