Promettre des rendements élevés dans une filière structurellement non compétitive comme la pisciculture ou l'aviculture en Afrique, relève moins de l’entrepreneuriat que de la tromperie intellectuelle, proche de l’escroquerie. L'élevage en Afrique est une filière où les coûts sont supérieurs aux prix mondiaux. L’aquaculture africaine par exemple, est prise dans un piège mathématique : 1) L'Aliments est 2 à 3 fois plus chers, 2) L'Électricité est 3 à 6 fois plus chère en Afrique que dans les pays d'où arrive le poisson importé en Afrique, 3) Les Engrais sont importés en Afrique, 4) La Génétique n'est pas optimisée, 5) L'Échelle est trop petite, 6) La Logistique est artisanale. Dans ces conditions, le coût de revient réel d’un poisson au Cameroun tourne autour de : 2 000 à 2 800 FCFA/kg alors que la Chine exporte à 900 à 1 200 FCFA/kg Promettre des marges dans un secteur où le coût local est 2,5 fois supérieur au prix mondial est une impossibilité mathématique. Les “business plans” africains sont construits sur des hypothèses fausses. La plupart des levées de fonds pour sembler attractifs, reposent sur des coûts d’aliments sous‑estimés, sur des taux de conversion irréalistes, sur des mortalités minimisées, sur des rendements surestimés, sur des prix de vente fantasmés, sur des charges fixes ignorées et sur des pertes logistiques non comptabilisées. Autrement dit les chiffres sont faux dès la première ligne du tableau Excel. Ce n’est pas de la mauvaise foi, c’est de l’incompétence technique. Mais quand on lève des fonds sur des chiffres faux, ce n'est plus une simple incompétence, on glisse vers la tromperie.
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