On découvre de ces auteurs que les Allemands fixent les règles. Tous les colonisés doivent travailler comme manœuvres dans leurs plantations. Mais il y a un peuple qui refuse cette logique, ce sont les Grasslands (Bamileke non chrétiens aujourd'hui).
Je préfère bien préciser les Bamileke non chrétiens parce que les allemands vont utiliser les prêtres Pallotins pour évangéliser le Cameroun, et c'est à l'ouest que les Bamileke vont comprendre l'arnaque et repousser le christianisme avec la même énergie avec laquelle ils avaient repoussé l'islam quelques siècles auparavant.
Question :
Pourquoi les Allemands d'abord les Français ensuite, empêchent-ils les autochtones de cultiver le café ?
Réponse :
La motivation allemande et française est économique, politique, et administrative.
Elle repose sur quatre piliers qui avaient fait l'objet de la Conférence de Berlin de 1884-1885 :
1) Réserver la rente coloniale aux Européens : Créer une économie de plantation contrôlée par les Européens
Les Allemands introduisent au Cameroun, le café et le cacao comme cultures de rente destinées à l’exportation, dans un modèle de plantation inspiré de leurs possessions coloniales du Togo, Tanganyika (Tanzanie), et d'Afrique orientale allemande (Namibie).
Les Allemands veulent contrôler la production, contrôler les prix, contrôler les flux, et éviter toute concurrence africaine.
Dans ce modèle, les autochtones doivent être juste la main‑d’œuvre, des non concurrents, et des non autonomes économiquement.
Permettre aux autochtones de cultiver le café aurait réduit la main‑d’œuvre disponible pour les plantations allemandes, aurait créé une une concurrence locale, une autonomie économique locale, ce qui aurait au final, affaibli le contrôle économique et donc, la domination coloniale.
C’est juste une logique coloniale classique du "Plantation System".
: réserver la rente aux colons.
2) Empêcher l’autonomie des chefferies
Les Allemands arrivent au Cameroun et trouvent quelque chose qu'ils n'avaient pas prévu : les Bamiléké sont une société dense, organisée, hiérarchisée, politiquement structurée. Ils ont une monnaie qui leur permet d'échanger avec l'étranger. Je reviendrai dessus avec une leçon plus complète sur comment cette monnaie a permis aux Bamileke de prendre l'avance économique qui persiste encore aujourd'hui, plus de 150 ans après.
Dans ces conditions, une culture de rente autonome aurait financé les chefferies Bamileke, renforcé leur pouvoir, et aurait permis une résistance plus efficace. Les Allemands veulent donc à tout prix éviter la formation d’une telle élite économique autochtone.
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