Regardez bien ces photos. Je les ai prises cet après midi du samedi 18 juillet 2026 à l'entrée du plus grand Mall de la petite ville de Wenling, au centre de la Chine.
C'est un gamin de 7 ans qui avance vers nous avec un chariot dans lequel il a des boisson aromatisées faits-maison. Chaque petite bouteille en plastique sous forme d'un corps humain, coûte 5 Yuans.
Nous avons cherché à l'éviter, pensant par erreur qu'il nous était accidentellement tombés dessus. Et bien non. Il a tendu la main, pour nous interpeller et avec une voix très courageuse, nous demander si avec toute la chaleur qu'il fait dehors, nous ne pensons pas qu'il serait bien de nous hydrater avec ses boissons très bonnes ?
Et bien entendu, la surprise était de taille. Mais ce geste est très fréquent dans les villes de Chine. Comme les enfants Bamileke, les enfants Peuls ou les enfants suisses, ici on enseigne à l'enfant très tôt des prédispositions pour prendre l'avance demain dans une société compétitive.
Ici en Chine, comme dans beaucoup de société dans le monde, à travers ce genre d'exercices, on enseigne aussi tôt à l'enfant très jeunes qu'il ne doit rien attendre de personne et que dans la vie, s'il voudra s'acheter un bonbon ou une confiserie, il devra aller vers les autres leur proposer un produit qui les intéresse et à un prix qui les encourage de franchir le pas. Et ce n'est qu'avec le profit ainsi généré qu'il peut maintenant commencer à rêver effectuer des dépenses.
Beaucoup de sociétés en Afrique, n'enseignent pas à leurs enfants que la mendicité n'est pas une vertu. Les parents enseignent aux enfants comment on s'habille bien, comment on parle bien, comment on est poli, comment on a de bonne notes à l'école, mais ils oublient d'enseigner aux enfants, comment on gagne sa vie, comment on produit la richesse, comment on finance ses rêves, comment trouve les ressources avant de débuter à faire des projets et surtout, comment faire pour ne jamais vivre au dessus de ses moyens.
Définition :
1) "La Socialisation Marchande", est l’ensemble des pratiques par lesquelles une société expose ses enfants à la transaction, au risque, au refus et à la création de valeur. Elle varie fortement selon les contextes historiques, économiques et culturels.
2) La théorie du "Capital Entrepreneurial" ou de "Capital Commercial".
C’est l’ensemble des compétences qui permettent d’identifier une opportunité, de convaincre un client, de gérer un micro‑risque, de supporter l’incertitude, et de créer une valeur. Les familles commerçantes transmettent ce capital avant l’école, ce qui explique la surreprésentation de certains groupes dans le commerce, la réussite économique précoce, et la résilience face à la pauvreté. C'est de la transmission intergénérationnelle.
3) "L’Habitus Economique" est une théorie sociologique qui explique pourquoi certaines sociétés, familles ou groupes ethniques produisent des enfants qui réussissent mieux économiquement à l’âge adulte que d'autres. Ce n’est pas une “culture commerciale”, ni un “caractère ethnique”, mais un système de dispositions incorporées, transmis très tôt, par des pratiques quotidiennes, souvent invisibles.
L’habitus est un concept créé par le sociologue français Pierre Bourdieu (1930-2002) qui le définit comme un ensemble de dispositions durables, incorporées dans le corps et l’esprit, qui orientent les comportements sans qu’on en ait conscience.
L’habitus économique est la déclinaison de ce concept appliquée au rapport à l’économie. Il désigne l’ensemble des dispositions qui permettent à un individu d'aller vers les autres pour proposer une valeur ; de supporter le refus sans effondrement psychologique ; de prendre des risques calculés ; de gérer l’incertitude ; de comprendre intuitivement la logique de marge ; d'anticiper les opportunités ; de se projeter dans l’avenir ; et surtout, de ne pas attendre de l’État ou d’autrui la résolution de ses besoins.
Ces dispositions ne viennent ni de l’école, ni de la biologie, ni de la culture abstraite : elles viennent de pratiques sociales répétées dès l’enfance. L’habitus économique se forme par exposition précoce à des situations économiques réelles.
4) Théorie de l’Auto‑Efficacité (Bandura)
Albert Bandura est né le 4 décembre 1925, à Mundare, en Alberta, au Canada. Il est décédé le 26 juillet 2021, à Stanford, en Californie, aux Etats-Unis. Il a obtenu son Bachelor à l'University of British Columbia au Canada et son MA & PhD à l'University of Iowa (1951–1952).
Bandura a enseigné toute sa carrière à partir de 1953 à l’Université Stanford, où il devient l’un des psychologues les plus influents du XXᵉ siècle.
Il était le Président de l’American Psychological Association à partir de 1974. Il est l'auteur de plusieurs théories : Social Learning Theory (théorie de l’apprentissage social), Social Cognitive Theory (théorie sociale cognitive), Self‑Efficacy (auto‑efficacité) et la Bobo Doll Experiment (1961) — démonstration de l’apprentissage par observation.
Bandura est considéré comme l’un des quatre psychologues les plus cités de l’histoire, derrière Skinner, Freud et Piaget.
Ce qui nous intéresse pour notre analyse d'aujourd'hui est sa "Self-Efficacy theory" qu'il publie en 1977 dans le magazine américain de psychologie intitulé : Psychological Review sous le titre : "Self‑Efficacy: Toward a Unifying Theory of Behavioral Change". C'est en 1997 que l'auteur publie un livre intitulé : "Self‑Efficacy: The Exercise of Control" dans lequel on retrouve le développement complet de sa théorie.
De quoi parle-t-elle ?
A travers cette théorie, Bandura montre que l’enfant développe une auto‑efficacité lorsqu’il réussit des actions concrètes.
L’enfant qui vend un fruit, se prouve à lui-même qu’il peut convaincre, il se prouve qu’il peut créer une valeur, il se prouve qu’il peut obtenir une récompense par lui‑même. Selon Bandura, cela crée une confiance économique durable, mesurable à l’âge adulte.
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