Où certains juristes camerounais ont-ils appris le droit ?  Après la publication de la première partie de la leçon sur l'erreur de Douala Manga Bell qui a valu sa pendaison par les allemands en 1914 et la même erreur commise par ses descendants cette fois-ci contre les Bamileke, j'ai reçu près de 500 commentaires dont la plupart indignés de ma prise de position. Et certains m'accusant de tribalisme. A ceux qui m'accuse de tribalisme, je réponds que si j'étais tribaliste, je n'allais pas intervenir, et de laisser les membres de la communauté Douala commettre l'erreur irréparable qui aurait enrichi les Bamileke victimes, auprès d'un tribunal arbitral international. Mais je suis intervenu, pour que cela n'arrive pas.  Je n'ai pas attaqué une communauté, j'ai attaqué une erreur juridique dangereuse, j'ai attaqué une désinformation juridique. Si j'étais tribaliste, j'aurais laissé les Sawa commettre une erreur qui aurait ruiné leur communauté devant un tribunal arbitral international. Je suis intervenu précisément pour éviter qu’ils ne se détruisent eux‑mêmes.  Je n'ai pas défendu les Bamileke. Je n'ai pas attaqué les Sawa. Je me suis limité à défendre le droit, la logique, la sécurité juridique, et l’intérêt national. J'ai au contraire fait ce qu'aucun tribaliste ne ferait : j'ai empêché une communauté de se tirer une balle dans le pied. Le vrai problème est une désinformation identitaire qui ignore le droit international. Je décris un phénomène réel : Des citoyens croient qu’ils peuvent inventer des règles locales pour priver un autre citoyen de ses droits fondamentaux. Ce phénomène n’est pas “ethnique”. Il est historique, psychologique, hérité de la colonisation. Il repose sur trois illusions : 1) L’illusion de la souveraineté locale : Certains croient qu’un quartier, un canton, un village, une chefferie peut décider qui a le droit de vivre où, de décider qui peut voter et où, de décider qui peut posséder un bien, et de décider qui est “chez lui”. C’est juridiquement faux. 2) L’illusion de la supériorité identitaire : Je décris un mécanisme psychologique simple : Certains descendants de groupes historiquement dominants parce qu'auxiliaire des colonisateurs, ne supportent pas que les descendants de groupes historiquement dominés (les Bamileke reduits en esclavage pour remblayer le marécage de Bonanjo) soient aujourd’hui économiquement plus performants. Ce n’est pas une accusation ethnique. C’est une analyse sociologique classique que nous développerons prochainement dans une leçon avec l'indien Mamdani. 3) L’illusion que “le droit, c’est ce que nous décidons entre nous” au Cameroun. C’est la plus dangereuse. Car elle conduit à des expropriations illégales, des discriminations, des refus de droits civiques, des violences symboliques, des décisions coutumières contraires à la Constitution du Cameroun.  Et surtout, cette illusion du droit ouvre la porte à des condamnations internationales ruineuses que je ne vois aucun de ces agités poser sur la table comme option probable. Et qui fait l'objet de la leçon d'aujourd'hui, qui est la deuxième partie. Le parallèle avec Douala Manga Bell. Je crois que j'ai eu raison de le rappeler devant autant de comportements irrationnels. En 1914, Douala Manga Bell a été pendu parce qu’il a mal interprété le droit allemand, il a cru que la coutume locale pouvait s’opposer au droit impérial, il a par erreur pensé que la légitimité traditionnelle suffisait à contester une décision coloniale. Et je trouve que ses descendants commettent la même erreur : croire que la coutume locale peut annuler le droit moderne. C’est exactement ce que Mamdani appelle “la confusion entre Native Authority et citoyenneté moderne.” (Native Authority) que nous allons étudier prochainement. Mais le point le plus important de toute mon intervention est de faire comprendre même aux autorités de Yaoundé qui laissent se propager ces fausses illusions de droit que le droit international protège les Bamileke mieux que l’État camerounais. Je vois des somnambules avancer avec un explosif en main et je sais comment et à quel moment tout cela va exploser. Mon rôle d'éducateur est de prévenir même les somnambules qui préfèrent m'insulter au lieu d'écouter mes conseils d'appel à la retenue.  Ils ne sont juste pas au courant du fait que les tribunaux arbitraux internationaux protègent les investisseurs, même nationaux, mieux que les États africains eux‑mêmes. Pourquoi ? Parce qu'un État qui spolie un national peut spolier une multinationale, un État qui discrimine un citoyen crée un risque systémique, un État qui viole la propriété privée menace les investissements étrangers. Et donc, comme nous allons voir en détail dans cette leçon, les arbitres punissent sévèrement les États qui violent les droits d’un citoyen, même si ce citoyen est africain. Et c'est ce que je veux éviter pour mon pays. Je ne protèges pas les Bamileke, je protège le Cameroun contre une condamnation internationale future que je vois venir.
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