En 1914, la confusion entre légitimité foncière et légitimité politique a conduit les Allemands à exécuter Douala Manga Bell, qui revendiquait un espace construit par d’autres et considéré comme symbole de souveraineté coloniale.
Aujourd’hui, en 2026, 112 ans plus tard, les tensions entre les communautés Sawa et Bamileke reproduisent cette même confusion. En effet, contester la présence d’un groupe qui a valorisé les terres urbaines n’est pas une revendication foncière, mais une contestation de souveraineté politique. C’est exactement la même erreur, héritée du colonialisme.
Question :
C'est quoi la défini générale entre la confusion entre légitimité foncière et légitimité politique ?
Réponse :
Dans les sociétés coloniales (et postcoloniales), deux types de légitimité s’opposent :
A. La Légitimité Foncière.
La terre appartient à celui qui a répondu à une de ces trois questions :
1) Qui a travaillé, valorisé, assaini, construit un espace ?
2) Qui a transformé un marécage en quartier ?
3) Qui a investi, bâti, densifié ?
B. Légitimité politique
La terre appartient à celui qui a répondu à une de ces trois questions :
1) Qui a le droit symbolique de dire : “Ceci est notre territoire” ?
2) Qui est reconnu comme autorité indigène ?
3) Qui est considéré comme “autochtone” par l’État ?
Quand ces deux légitimités entrent en collision, un conflit éclate.
C’est exactement ce qui s’est produit à Douala en 1914 entre Duala Manga Bell et l'adiministration coloniale Allemande et aujourd'hui en 2026, dans les villes camerounaises entre Sawa et Bamileke.
Pour les Allemands : Bonanjo = souveraineté politique, pas propriété foncière
Bonanjo n’était pas un quartier Douala puisque les Duala n'y habitaient pas.
Avant 1884, avant l'arrivée des Allemands, Bonanjo était un marécage, inhabité, insalubre, sans valeur foncière. Et donc, les Douala n’y vivaient pas. Ils n’y avaient aucune activité économique.
Lire le contenu
....
Dernières nouvelles