CE QUE JE PENSE
A lire les rapports de ces deux organismes basés à Washington, tout le monde féliciterait le Benin, pour avoir accompli des belles performances. Mais vous allez voir que les apparences peuvent être trompeuses.
Le malheur avec les dirigeants africains est de croire que la Banque Mondiale et le FMI sont de leur côté et donc qu'ils leur prodiguent des conseils pour réussir leur développement. Ce qu'ils négligent est de ne jamais se demander, ce que ces deux organismes crées par l'hégémon américain, gagnent à bien conseiller les pays africains.
Dans leur équation, ils ont tendance à oublier la plus importante variable, les Etats-Unis. Pour comprendre que les appréciations que font ces deux organismes sont faites sous le prisme des intérêts des Etats-Unis et non du pays africain concerné.
On ne peut pas comprendre les rapports du FMI et de la Banque mondiale si l’on oublie la variable centrale de l’équation : les États-Unis.
Et tant que les dirigeants africains croient naïvement que ces institutions sont des “conseillers neutres”, ils ne peuvent pas comprendre pourquoi leurs politiques échouent systématiquement.
Les félicitations adressées au Bénin correspondent à un langage diplomatique qui masque une logique géopolitique que les dirigeants africains ne voient pas.
Quand dans ce rapport sur le Bénin, la Banque mondiale écrit que :
« La croissance devrait se stabiliser à 6,2 % grâce à l’expansion de la GDIZ »,
elle ne décrit pas une réalité économique. Elle produit un récit politique.
Ce récit sert trois objectifs :
1) Légitimer les politiques qu’elle a elle-même imposées (ZES, ouverture totale, fiscalité faible).
2) Encourager d’autres pays africains à imiter le modèle béninois, même si ce modèle est perdant, comme nous allons voir plus loin dans cette leçon.
3) Créer une illusion de progrès pour éviter que les pays africains ne remettent en cause la doctrine du FMI/Banque Mondiale.
Les dirigeants africains, eux, lisent ces rapports comme des bulletins scolaires et s'exclament contents :
« La Banque Mondiale nous félicite, donc nous sommes sur la bonne voie. »
Mais ce qu'ils ne savent pas est que ce n’est pas une évaluation. C’est une communication stratégique.
Le FMI et la Banque mondiale ne sont pas des conseillers : ce sont des instruments de politique étrangère américaine. Les dirigeants africains oublient la variable “États-Unis”.
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