Introduction En Chine, au Japon, en Corée, au Vietnam, l’élite est née dans des contextes de guerre, de reconstruction, de famine, d’effondrement économique. Dans ces contextes, le sport n’a aucune fonction politique centrale. L’élite asiatique est née pour produire de la puissance, et non pas pour commenter du spectacle. Les élites asiatiques ont été formées par des ingénieurs, pas comme les élites africaines, par des juristes ou des littéraires. L’Asie a fait un choix radical : mettre les ingénieurs au pouvoir. – En Chine : 80 % des dirigeants du Politburo sont ingénieurs. – En Corée du Sud : les fondateurs des chaebols sont ingénieurs. – Au Japon : MITI, ministère est dirigé par des technocrates scientifiques. – A Singapour : Lee Kuan Yew a construit un État dirigé par des mathématiciens et des ingénieurs. Dans ces sociétés, l’élite intellectuelle est scientifique, technique, mathématique, industrielle. Le sport ne peut pas devenir un refuge intellectuel dans une société où l’intellectuel est un producteur de solutions, et non pas un commentateur. En Asie, la structure culturelle de la société fait que le sport n’a jamais été un espace de valorisation sociale. Le prestige social en Asie est lié à la qualité des études universitaires et non pas au corps. Dans les sociétés confucéennes, le prestige est lié à la maîtrise des textes, à la réussite aux examens, à la discipline intellectuelle, et à la capacité à résoudre des problèmes. Le corps n’a jamais été un espace de prestige. Et par conséquent, le sport n’a jamais été un ascenseur social. L’ascenseur social asiatique est l’école, et non pas le stade. En Asie, le sport n’est pas un espace où les élites peuvent exister. Alors qu'en Afrique, le sport est un espace où les élites peuvent parler sans risque, les intellectuels peuvent exister sans rien produire, et les médias peuvent occuper l’espace public. En Asie, le sport est un loisir, et non pas un espace de débat intellectuel. Il n’a aucune fonction politique. Les élites asiatiques ont pris le temps pour étudier les causes du déclin de la civilisation occidentale. Et ont bâti leur structure politique en conséquence dans laquelle,  le sport n’est pas utilisé comme diversion. Les États asiatiques n’ont jamais utilisé le sport pour neutraliser les masses. Les États asiatiques ont choisi d'utiliser l’éducation, l’industrie, la discipline sociale, la planification, et la mobilisation nationale dans l'industrie de la connaissance. C'est pour cette raison que le sport n’a jamais été un outil de gouvernance. Alors qu'en Afrique, le sport est un opium politique, en Asie, il est un loisir secondaire. Les élites asiatiques ont réussi à construire une société apaisée dans laquelle ils n’ont pas besoin de diversion. Les élites asiatiques ont une légitimité fondée sur la croissance économique, l’industrialisation, la modernisation, la stabilité politique et sociale, la performance technologique. Elles n’ont donc pas besoin de détourner l’attention de la population sur des futilités comme le football. Parce qu'elles  produisent des résultats que leurs peuples peuvent vérifier au quotidien sur la qualité de leur vie. Sur le point de la structure économique, le sport n’est pas une industrie extractive en Asie. Contrairement à l'Afrique, l’Asie n’est pas un fournisseur de corps pour l’Occident. L’Afrique est intégrée dans le système sportif mondial comme fournisseur de talents bruts, fournisseur de matière première humaine, comme fournisseur de spectacle exotique. L’Asie n’a jamais occupé ce rôle. Les élites asiatiques n’ont jamais été valorisées dans le sport. Elles sont valorisées dans la technologie, dans l’ingénierie, dans la finance, dans l’industrie, dans  la recherche. Le sport n’est pas une voie de sortie de la pauvreté en Asie. En Afrique, le sport est un ascenseur social. En Asie, c’est un loisir. Les familles asiatiques n’encouragent pas leurs enfants à devenir sportifs. Elles les poussent dès le bas-âge vers les mathématiques, vers la médecine, vers l’ingénierie, vers l’informatique. En Asie le sport n’a aucune fonction économique. La structure intellectuelle politisée : l’intellectuel asiatique ne fuit pas la politique. L’intellectuel asiatique est un acteur de transformation. En Asie, l’intellectuel est un planificateur, un ingénieur, un économiste, un technocrate, un stratège. Il est au cœur de l’État. En Afrique, l’intellectuel est un commentateur, il est un moraliste, un analyste de spectacle, un spécialiste de football. Le sport n’offre aucun refuge intellectuel en Asie, parce que l’intellectuel asiatique est responsable, intégré, productif, central et déterminant pour changer la vie des citoyens. Il n’a donc pas besoin de fuir la critique politique. Puisqu'il participe à la construction de l’État. Là où en Afrique notamment au Cameroun, si vous ne faites pas partie de la tribu du président, votre avis n'importe à personne. C'est mon cas, tel que raconté dans mon livre autobiographique en italien "in fuga dalle tenebre". En conclusion, les élites asiatiques échappent au sport, parce qu'elles sont nées dans des contextes de survie nationale. Elles sont formées par des ingénieurs, et non pas par des juristes. En Asie, le prestige social est lié aux études, et non pas au corps ou aux performances artistiques, musicales. Le sport n’a aucune fonction politique. Le sport n’est pas un ascenseur social. Le sport n’est pas une industrie extractive. L’intellectuel asiatique est un acteur de puissance, et non pas un commentateur de spectacle. Le sport n’a jamais été un refuge intellectuel en Asie. Il est un simple loisir, et non pas une structure de neutralisation de la masse populaire. L’EUROPE NE RECONNAIT DE VALEUR A L’AFRICAIN QUE S’IL PARLE DE SPORT ET DE MUSIQUE Dans son édition du 14 juin 2022, le journal camerounais en ligne "Cameroun Actuel" avait à sa une ce titre : "Qui est J.P. Remy Ngono, le journaliste pourfendeur des régimes « dictatoriaux » africains ?" Cameroun Actuel écrit en introduction, ceci : ---------------------- J.Rémy N’Gono ou Rémy N’Gono, né en 1968, est animateur sportif et animateur de radio camerounais qui vit en France. Alors qu’il devait être chroniqueur dans l’émission ‘’N’ayons pas peur des mots’’ sur I-Télé, on lui propose d’être chroniqueur dans l’émission ‘’N’ayons pas peur du foot’’ pendant la coupe du monde de football 2006. Depuis cette date, il devient  journaliste sportif.(…) ----------------------- Source : https://camerounactuel.com/qui-est-j-remy-ngono-le-journaliste-pourfendeur-des-regimes-dictatoriaux-africains/ Oui, vous avez bien lu, il devait animer une émission "N'ayons pas peur des mots", mais il est depuis lors assigné à ne parler que du sport ou plus précisément du football.
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