Il y a quelques années, j'étais invité par le collectif des industriels italiens du luxe à donner mon avis sur comment ils devaient se déployer sur me marché chinois.
Ils étaient choqués que je leur dise qu'à mon avis, ils devaient être beaucoup plus prudents dans leurs calculs des centaines de millions de riches chinois qu'ils voulaient atteindre.
Mon expertise consistait à leur expliquer que la Chine n'est pas les monarchies pétrolières du Golfe qui stabilise sa consommation du luxe qu'on peut étaler sur les plusieurs dizaines d'années.
La Chine est différente.
La Chine a commencé à consommer du café. Ce serait erronée d'investir des milliards de dollars pour créer des plantations de café au Costa-Rica, au Brésil ou au Cameroun pour espérer rentrer dans ses frais dans 10 ans.
Parce que chaque fois que la Chine commence à consommer en masse un produit, ce n'est qu'une pratique d'entraînement pour collecter les informations cruciales devant permettre à l'appareil productif public chinois de passer à la conte offensive.
C'est ce que j'avais tenté d'expliquer sans succès à mes clients italiens, qui m'avaient plutôt payé pour leur raconter ce qu'ils avaient envie d'entendre pour faire monter leurs titres à la bourse de Milan : que le marché chinois du luxe était désormais entre les mains des producteurs italiens.
Ce qui est faux naturellement.
Je l'ai répété quelques années plus tard à des producteurs de foie gras français qui mettaient beaucoup d'espoir sur le marché chinois.
Quand vous voyez le gouvernement chinois importer non pas du porc de France et d'Espagne mais des abats de porcs, les intestins de porcs, la tête de porcs, les boyaux c'est un signe qu'elle se prépare à élever le porc.
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