FOLLOW THE MONEY (Regarde l’argent, et tu verras la vérité du pouvoir). L’expression “follow the money” est une formule née dans l’histoire contemporaine américaine, devenue ensuite un principe d’analyse du pouvoir, et aujourd’hui un outil central en géopolitique, en renseignement, mais aussi pour le lutte anticorruption. L'origine de la formule vient du scandale du Watergate (1972–1974). L’expression est devenue célèbre grâce au film qui parle du scandale politique, "All the President’s Men" (tous les présidents sont des humains) sorti en salle aux Etats-Unis en 1976, et qui raconte l’enquête journalistique sur le scandal dénommé "Watergate". Dans le film, l’informateur “Deep Throat” dit aux journalistes : "Follow the money". Cette phrase n’apparaît pas dans les documents officiels du Watergate, mais elle résume parfaitement la méthode utilisée : remonter les flux financiers pour comprendre qui contrôle quoi, qui influence qui, et qui ment. Depuis, l’expression est devenue un principe universel du renseignement. Question : Que signifie “follow the money” ? Réponse : Cela signifie : En politique, si tu veux comprendre le pouvoir réel, ne regarde pas les discours des politiciens, regarde l’argent. Autrement dit : L’argent laisse toujours une trace. Les flux financiers révèlent les alliances cachées. Les transactions montrent les dépendances. La monnaie est un outil de renseignement. Et celui qui contrôle la monnaie contrôle la souveraineté. C’est devenu un principe central en renseignement financier (FININT), dans la lutte contre le terrorisme, dans les enquêtes anticorruption, en géopolitique, dans les analyses des États fragiles et dans les analyses des empires informels. Question : En quoi cette expression “follow the money” nous permet de comprendre la superficialité de la rupture des pays de l'AES avec la France ? Réponse : Parce que la monnaie est la donnée la plus stratégique d’un État. Et dans le cas du Franc CFA utilisé par les trois pays de l'AES, cette monnaie est conçue par la France, sa convertibilité est garantie par le Trésor français, les réserves de change sont partiellement logées à Paris, les flux internationaux passent par des réseaux bancaires supervisés par la France, les banques locales des pays de l'AES, sont adossées à la zone euro, et les politiques monétaires de l'AES aussi, sont décidées hors d’Afrique. Donc, si nous appliquons la formule “follow the money”, cela signifie que les pays de l’AES n’ont pas rompu avec la France. Ils ont rompu symboliquement, mais pas structurellement. Pire, la France continue de voir, de comprendre et d'anticiper leurs flux financiers. C’est du renseignement pur. La France garde un levier stratégique majeur sur des pays qui prétendent tous les jours être souverains : la monnaie. Et tant que la monnaie reste française, la souveraineté reste limitée. Résultat des courses : Le Franc CFA rend incohérente la posture “anti‑France” de l’AES. Parce que la monnaie est la colonne vertébrale du pouvoir moderne. Tu peux expulser les soldats, tu peux fermer les bases militaires, tu peux dénoncer les accords coloniaux, tu peux insulter Paris dans les discours, tu peux faire des vidéos virales sur TikTok qui montrer comment les africains doivent devenir fiers comme les pères des indépendances du Cameroun, de l'Algerie et de Madagascar.
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