C'est l'Economie, idiot (Bill Clinton 1992) Le solaire n’est pas une énergie industrielle Comment les architectures contractuelles occidentales enferment les États africains dans des dépendances énergétiques ? 6 PRINCIPAUX POINTS DES CONTRATS ENERGETIQUES QUE SIGNENT  LES DIRIGEANTS AFRICAINS SANS COMPRENDRE 1) Base Load : La base load (charge de base) est la quantité minimale d’électricité qu’un pays doit fournir en continu, 24h/24, pour que les usines tournent, les hôpitaux fonctionnent, les réseaux d’eau restent pressurisés, les villes restent éclairées, les data centers restent stables. Seules certaines technologies peuvent fournir une base load : le nucléaire, l'hydro (barrages), le charbon et le gaz en cycle combiné. Le solaire ne peut pas fournir de base load, car il s’arrête la nuit et varie en journée. 2) IRR L’IRR (Internal Rate of Return) est le taux de rendement annuel qu'un promoteur financier appelé dansle jargon, "le développeur" exige pour investir dans un projet. Exemple simple : Si un développeur met 100 millions de dollars dans un projet solaire et exige un IRR de 15 %, cela signifie qu'il veut récupérer ses 100 millions + 15 % par an pendant 20–25 ans, sans risque. Dans les pays riches, l’IRR solaire est de 5–7 %. Mais en Afrique, puisque les ministres signent sans comprendre, les développeurs exigent 12–18 %, parfois plus. Cela rend le kWh beaucoup plus cher. 3) Load profile Un load profile est la courbe de consommation électrique d’une usine, heure par heure, sur 24h ou 7 jours. Il montre quand l’usine consomme le plus, quand elle consomme le moins, si la demande est stable ou variable, la puissance maximale nécessaire, la puissance minimale nécessaire. Les ministres africains qui signent les contrats énergétiques ne savent pas ce que c'est alors que c'est très important de savoir. Sans load profile, un pays ne peut pas dimensionner ses centrales électriques, ses lignes électriques, ses transformateurs, ses besoins en base load, ses coûts réels. C’est l’outil n°1 de toute politique énergétique industrielle. 4) IPP Un IPP (Independent Power Producer) est un producteur privé d’électricité qui construit une centrale, la finance, la possède, vend l’électricité à l’État via un PPA. L’État ne construit rien : il achète l’électricité produite. Le problème est que l’IPP structure le projet qu'il présente au client, le ministre ou un industriel, de manière à maximiser son profit, et non pas pour optimiser le système énergétique national. 5. LCOE réel Le LCOE (Levelized Cost of Energy) est le coût réel du kWh, calculé sur toute la durée de vie du projet. Le LCOE réel inclut : le coût du financement, le taux d’intérêt, l'IRR du développeur, la maintenance, le remplacement des onduleurs, la dégradation des panneaux, les pertes réseau, l'intermittence (coût du diesel ou du gaz en backup), l'indexation en dollars, et les pénalités contractuelles. C'est très important de maîtriser cette ligne du contrat, parce que cela fait partie des techniques utilisées pour rouler dans la farine des dirigeants africains. Ils se contentent qu'on leur déroule le prix du solaire vendu à 0,05 $/kWh alors qu'en réalité il peut coûter 0,20–0,30 $/kWh une fois tous les coûts réels intégrés. 6) Un PPA (Power Purchase Agreement) C'est un contrat d’achat d’électricité à long terme, généralement signé entre un État ou une entreprise publique (acheteur) et un IPP, producteur privé d’électricité (vendeur). C’est le cœur du modèle solaire et éolien en Afrique. Et c’est aussi là que se trouvent tous les pièges qui font l'objet de cette leçons. Un PPA est un contrat où l’acheteur s’engage à acheter l’électricité produite par une centrale privée pendant 20 à 25 ans, à un prix fixé à l’avance. Il fixe : le prix du kWh, la durée (souvent 20–25 ans), les obligations d’achat, les pénalités, les garanties souveraines, les indexations (souvent en dollars). En somme, un PPA est sournoisement présenté aux dirigeants africains comme un contrat technique, alors que dans les faits, il s'agit d'un simple produit financier.
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