La Doctrine de sécurité moderne permet de dépasser le contrôle visible pour entrer dans l’ère du renseignement
Résumé
Cette série de leçons vous propose une distinction conceptuelle entre deux modèles de sécurité : le modèle hérité du contrôle administratif colonial, encore dominant en Afrique francophone et le modèle moderne fondé sur le renseignement, illustré notamment par l’expérience italienne dans la lutte contre la criminalité organisée.
Elle montre que la sécurité efficace repose sur la définition préalable des objectifs, la construction d’indicateurs (métriques) et l’usage de moyens adaptés, plutôt que sur la multiplication de dispositifs visibles tels que les barrages routiers.
La sécurité n’est pas un dispositif, mais une doctrine !
La sécurité intérieure n’est pas la somme des actions policières visibles. Elle est la capacité d’un État à définir ce qu’il veut protéger, à identifier les menaces réelles, à choisir les moyens adaptés pour atteindre l'objectif choisi et pour mesurer l’efficacité de ces moyens.
Dans de nombreux États africains, par erreur, cette logique est inversée : les moyens précèdent les objectifs.
Les barrages routiers, les contrôles d’identité et les postes fixes deviennent des pratiques routinières, sans lien avec une stratégie définie.
Ce qui donne un modèle africain de sécurité obsolète de deux siècles parce que c'est une sécurité héritée du contrôle administratif du XIXème siècle non adapté aux exigences du XXIème siècle.
Le modèle dominant en Afrique francophone repose sur la visibilité policière, les contrôles d’identité systématiques, les barrages routiers permanents, les postes fixes de gendarmerie ou de police, sur la centralité du document administratif.
Ce modèle est issu du système napoléonien, transmis par la colonisation, où la sécurité se confond avec la surveillance administrative. Il met en avant de nombreuses limites structurelles, notamment, l'absence d’objectifs opérationnels, l'absence de métriques (nous allons voir plus loin ce que c'est), l'absence de renseignement, la prévisibilité des forces de l’ordre, l'exposition des patrouilles, la corruption de proximité, et l'inefficacité contre les réseaux criminels ou armés.
Ce modèle rassure, parce qu'il produit une sécurité théâtrale, mais pas une sécurité réelle.
Lire le contenu
....
Dernières nouvelles