La liberté, la vraie, veut que ce soit à l'état de conserver les archives pour vérifier votre identité et pas à vous. Aucun pays africain n'a institué une date pour commémorer la fin de l'esclavage ou pour honorer ses victimes. La vérité est que dans les pays dit francophones de l'Afrique, on vit sous des administrations encore coloniales qui privent les citoyens des élémentaires libertés. C'est bien de crier haut et fort contre les Européens qui nous ont colonisés, mais c'est aussi mieux de constater que la privation de liberté de l'homme noir continue aujourd'hui, par les Noirs eux-mêmes. Comme écrivait La Boetie, beaucoup de Noirs qui sont nés en Afrique, ont grandi en Afrique et ont vécu toute leur vie en Afrique sont loin d'imaginer que ce qu'ils subissent au quotidien n'est pas normal, parce que rien ne peut être au dessus de la liberté. L'EXEMPLE ITALIEN : L'ETAT NE DOIT PAS HARCELER LES CITOYENS Ce que l’Italie interdit formellement aux administrations : Depuis la loi DPR n° 445/2000, il est illégal pour toutes l'administration italienne de demander à un citoyen : 1) un acte de naissance 2)  un certificat de résidence, 3)  un certificat de nationalité, 4)  un certificat de famille, 5)  un certificat de mariage, 6) un certificat de décès, L'état a plus de moyens pour tenir les archives, pas le citoyen. Dans toute sa vie, un citoyen change de ville, de village, de métier, de maison. Il subit les épreuves de la vie, les morts, les disparitions, les accidents de la vie. Un état ne subit pas tout cela. Un état est fort, on sait où il habite. Il ne va pas deménager demain matin. C'est à lui de conserver les archives. En Italie, comme en France, ce n'est plus au citoyen de mettre la quittance de l'assurance sur la pare brise de la voiture. C'est à l'état de vérifier avec votre l'immatriculation de votre véhicule si vous êtes à jour ou pas. En Italie, c'est au bureau de poste que le citoyen se présente pour faire son passeport en quelques minutes seulement, puisque c'est à l'administration de communiquer au bureau de poste les informations sur vous qui doivent figurer sur le nouveau passeport et puis c'est tout.  En Italie, le citoyen se limite à déclarer ce qu'il veut, et c'est du devoir de l’administration de vérifier s'il dit la vérité ou s'il ment. L'Administration étant au service des citoyens, et les fonctionnaires étant payés par l'argent de ces citoyens, ils doivent leur faire confiance à priori. Puisque c'est le citoyen qui est le patron du fonctionnaire. Et il ne doit pas le harceler. Au Cameroun, l'état n'a pas les moyens de conserver les archives mais exige aux citoyens de converser sur eux les originaux des documents les plus impensables comme l'acte de naissance. Question : Pourquoi l’Italie fait confiance au citoyen ? Réponse : Parce que l’État italien considère que la charge administrative appartient à l’État, et non pas au citoyen, la bureaucratie ne doit pas être punitive, l’État doit être capable d’identifier ses citoyens sans les harceler, la liberté individuelle est un principe supérieur.  C’est exactement la logique de Locke et Mill que nous allons voir dans cette leçon. L’État n’a pas à surveiller ou contrôler le citoyen en permanence. Introduction Pourquoi l’ENAM, institution napoléonienne du XIXᵉ siècle, ne peut pas produire l’État dont le Cameroun a besoin au XXIᵉ siècle ? Une des raisons de la crise dite anglophone au Cameroun, c'est le fait que les populations camerounaises des deux régions anglophones ne veulent plus vivre comme dans un enclos colonial français. De quoi s'agit-il ? Au Royaume‑Uni que les indépendantistes camerounais citent pour modèle de démocratie, il n’y a pas de carte nationale d’identité obligatoire. Les tentatives d’en créer une (2006–2010) ont été abandonnées après un immense rejet public.
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