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2523- Tant que l’État africain dépendra des douanes pour se financer, il sera structurellement anti‑industriel.
L’État africain dépend des taxes sur les importations pour survivre. C’est le mécanisme fondamental qui empêche toute industrialisation.
L’État africain est construit pour vivre des douanes.
Dans la plupart des pays africains, 30 à 60 % des recettes publiques viennent des douanes. Cela signifie que plus on importe, et plus l’État gagne, moins on importe, et plus l’État s’effondre. Donc mathématiquement, l’État africain a intérêt à tuer la production locale, car produire localement = moins d’importations = moins de recettes.
C’est un mécanisme anti‑industriel structurel. C’est ce que Braudel qui fait l'objet de cette leçon, appelle un contre‑mécanisme de développement.
Le piège politique c'est l’État africain hypertrophié et clientéliste.
L’État colonial puis postcolonial recrute massivement les fonctionnaires, les militaires, les enseignants, les agents territoriaux, les cabinets politiques. Et tout ceci se fait selon des logiques ethniques, claniques, partisanes.
Mais l’État n’a pas de base fiscale productive
Il n’y a pas d’industrie, pas de classe moyenne imposable, pas de capitalistes productifs, pas de chaînes de valeur locales. Donc l’État ne peut pas financer sa masse salariale. Il se tourne vers la seule source facile : les douanes.
C’est le piège parfait que la France et le Royaume Uni ont tendu à leurs anciennes colonies qui permet de continuer la spoliations, sans plus être accusés des affres de la colonisation.
En effet, l’État hypertrophié doit payer des fonctionnaires, il n’a pas de base productive, il taxe les importations, il détruit la production locale, il augmente encore sa dépendance aux importations. C’est un cercle vicieux.
Le mécanisme économique : Comme conséquence, l’Afrique devient une périphérie commerciale (au sens braudélien : un espace dominé, spécialisé, dépendant). Il ne reste plus à l'Europe que de combler le vide ainsi créé, du désir vital de l'état africain à se financer grâce aux importations. L’Europe exporte des produits finis, les médicaments, les machines, les voitures, les produits alimentaires transformés, le textile, et les biens de consommation.
L’Afrique exporte des matières premières : cacao, café, coton, pétrole, minerais. C’est la structure classique centre / périphérie. Mêmes indépendants, la structure économique reste coloniale, ne laissant à l'Afrique aucune chance pour s'industrialiser, pour se développer.
Résultat des courses : Le piège parfait se referme sur les pays africains.
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