LES FAITS : Une méga‑centrale électrique est une centrale dont la puissance installée dépasse plusieurs milliers de mégawatts (MW), souvent au‑delà de 5 000 MW, et pouvant atteindre 20 000 MW ou plus. Ce sont des infrastructures capables d’alimenter des régions entières, voire des pays, grâce à une concentration exceptionnelle de turbines, de barrages, de panneaux solaires ou de réacteurs nucléaires.  La plus grande centrale électrique du monde est le Barrage hydroélectrique des Trois-Gorges en Chine avec une puissance installée de 22 500 MW. C'est la plus grande centrale jamais construite, avec 32 turbines de type Francis. Le 7 mai 2026, lors d'un entretien avec Makhtar Diop, directeur général de la Société financière internationale (IFC), à Washington, Aliko Dangote a révélé un nouveau projet, celui de la construction d'une centrale électrique ç=à gaz et au diesel de 20.000 MW.  ----------------- Source : https://www.instagram.com/p/DYHAu1MiMX3/ CE QUE JE PENSE :    . Le Nigeria n’a pas besoin d’une méga‑centrale privée?: il a besoin d’électricité bon marché. Le problème du Nigeria n’est pas la capacité installée, le nombre de centrales, encore moins, la quantité de mégawatts. Le problème est le coût du kWh, la fiabilité, les pertes techniques, la corruption, la dépendance au diesel, et l’absence de réseau intégré. Ajouter une méga‑centrale privée ne change rien à ces paramètres. Dangote n’est pas un industriel énergétique, c’est un capitaliste rentier. Dangote n’est pas un producteur d’énergie au sens industriel. C’est un capitaliste de rente, dont le modèle repose sur les monopoles, les protections douanières, les subventions, l'accès privilégié au pouvoir politique, et surtout, l'absence de concurrence. Ce modèle ne peut pas produire de l’électricité bon marché dont a besoin le Nigeria. Parce que l’électricité bon marché exige l’inverse, la concurrence, les économies d’échelle, les investissements publics massifs, la régulation indépendante, et l'énergie primaire à bas coût basée à ce jour sur deux seuls combustibles : le charbon et le nucléaire. Un acteur privé rentier maximise le prix, et non pas minimise le coût. Dangote veut une méga‑centrale électrique principalement pour obtenir des Subventions. Il demandera des subventions sur le gaz, des subventions sur le diesel, des subventions sur le transport, et des garanties d’achat de l’État. Pire, il exigera un contrat d’achat exclusif de son électricité, un tarif garanti, et une protection contre la concurrence. Il aura ainsi verrouillé le marché de l'énergie au Nigeria pour des dizaines d'années.  Pendant ce temps, sans qu'aucune concurrence le perturbe, il cherchera tranquillement un prix du kWh élevé, un retour sur investissement rapide, et une position dominante dans l’énergie. Ce n’est pas un modèle économique de la baisse des coûts. Une centrale électrique privée ne peut pas faire baisser le prix du kWh Le prix du kWh dépend du coût du combustible, du coût du capital emprunté et investi, du coût du réseau, des pertes techniques, et de la régulation. Or Dangote ne contrôle pas le prix du gaz, il ne contrôle pas le réseau, encore moins les pertes. Dangote ne contrôle pas la régulation. Il ne peut donc pas faire baisser le prix du kWh. Il peut seulement vendre cher pour rentabiliser son investissement. Et pourtant, le Nigeria a besoin d’un modèle énergétique totalement différent.  Le Nigeria a besoin de l'énergie primaire bon marché, du gaz domestique à prix régulé, de l'hydroélectricité, et surtout, du nucléaire à moyen long terme. Le Nigeria a besoin d'un réseau national intégré. Aujourd’hui, le Nigeria a un réseau fragmenté, instable, avec 40 % de pertes. Il lui faut un opérateur public fort, comme Eskom en Afrique du Sud dans les années 1970–1990, pratiquant des tarifs industriels bas, pour attirer l’industrie lourde. Pour y arriver, il faut des investissements publics massifs et non pas des projets privés rentiers. Parce que l’électricité bon marché est un bien public, pas un produit de monopole privé. Le projet Dangote est un piège : il renforce le capitalisme rentier. Ce projet renforce la dépendance à un acteur privé, augmente la concentration économique, détourne les subventions publiques, empêche la concurrence, et bloque la réforme du secteur électrique. C’est au final, un projet anti‑industriel, anti‑compétitif. C’est un projet anti‑développement. Le Nigeria n’a pas besoin d’une méga‑centrale privée. Il a besoin d’un système énergétique national, intégré, régulé, public, et orienté vers la baisse du coût du kWh.
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