"Lithium, graphite, antimoine, cuivre, nickel, et bien sûr les fameuses terres rares ne sont qu'une partie de la liste des matériaux sans lesquels les secteurs clés de l'industrie européenne - énergie, chimie, automobile, industrie pharmaceutique, semi-conducteurs - seraient simplement à l'arrêt. Sans parler du secteur de la défense, dont l'incapacité à s'approvisionner présente des conséquences qui ne sont pas qu'économiques, en plein « réarmement » de l'Europe." Ce n'est pas moi qui l'écris, c'est un paragraphe de l'article du quotidien économique français "Les Échos" . Il y a 16 ans en 2010, lorsque toute l'Europe prenait position dans une querelle post-électorale en Côte d'Ivoire, jusqu'à décider à l'unanimité l'embargo des médicaments vers ce pays africain, j'avais averti que l'Europe était hors sujet. J'avais écrit que l'Europe se trompait d'ennemi, parce que la Côte d'Ivoire n'était en rien un danger pour l'Europe quel que soit la personne qui arrive au pouvoir, Laurent Gbagbo ou Alassane Ouattara. Un an plus tard, en 2011, j'ai répété la même rhétorique sur la guerre inutile de l'Europe contre un pays africain, la Libye. Comme à l'époque, je dis aujourd'hui que l'Europe a raté le coach et se trouve toujours hors sujet, elle n'a pas bien lu son sujet pour comprendre que c'est la Chine qui a fixé les nouvelles règles de jeu. L'Université de Tianjin où je me trouve à une heure de Pékin, a un comité scientifique qui publie tous les six mois les nouveaux matériaux qui vont remplacer les anciens.
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