Règle n° 1 : Un passeport diplomatique ne protège pas automatiquement contre une arrestation. Un passeport diplomatique est un simple document de voyage comme un autre, et non pas une garantie d’immunité. Règle n° 2 : Il ne faut pas confondre l'expression "passeport diplomatique" avec "statut diplomatique". Le premier est un simple document de voyage. Alors que le Statut diplomatique, fait de celui qui le porte un diplomate, une personne officiellement accréditée auprès d'un pays hôte à travers une lettre dite d'accréditation. Pour profiter de ce statut de diplomate, le pays hôte doit accepter la lettre. Et c'est en ce moment seulement que déclenche l’immunité diplomatique qui découle de la Convention de Vienne de 1961. Règle n° 3 : L’Afrique du Sud n’est pas obligée de reconnaître un passeport diplomatique étranger, qu'il soit du Niger ou d'un autre pays. Les autorités sudafricaines seraient à blâmer d'avoir arrêté Kemi Seba si nous étions en présence de deux circonstances : 1) que le Niger ait notifié l’Afrique du Sud que Kemi Seba était un diplomate en mission dans le pays, 2) et que l’Afrique du Sud l’ait accepté comme tel, préalablement. Ce qui n'a pas été le cas. Règle n° 4 : Un mandat d’arrêt international prime sur un passeport diplomatique. Ce dernier n’est pas un bouclier. Sans accréditation officielle, sans mission diplomatique reconnue, et face à un mandat d’arrêt international, il ne protège pas contre une arrestation. Les autorités sud‑africaines ont confirmé que Seba était recherché par le Bénin, et la France, parce qu'impliqué dans des « crimes contre l’État ». Dans ces conditions, un État a le droit d'arrêter et d'extrader la personne, même si elle possède un passeport diplomatique.
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