« S’ils essaient (de tricher aux élections de 2025) ça prendra ceux que ça prendra, les survivants arrangeront le pays » Cette phrase est prononcée en 2024, par Maurice Kamto, le leader de l’opposition camerounaise et président du parti politique MRC (Mouvement pour la Renaissance du Cameroun) Dans un régime verrouillé, la menace symbolique sans capacité opérationnelle est un aveu de faiblesse plutôt qu’un levier de pression. Il n'y a que les aventuriers en politique qui peuvent menacer un pouvoir hyper‑sécurisé et minutieusement construit par la France, sans disposer d'un rapport de force réel. Car dans un système où l’armée est loyale au pouvoir, les services de sécurité sont centralisés, l’espace politique est contrôlé, les alliances extérieures sont stables et acquises au pouvoir en place, une telle menace verbale d'un dirigeant de l'opposition camerounais devant ses militants, mais sans capacité organisationnelle, militaire ou diplomatique fait de ce personnage, au minimum, un leader politique non crédible. Il est pour cette raison, facilement neutralisable, et surtout, utile au pouvoir en place pour justifier la répression et les décisions d'écarter ce leader de toute compétition électorale à venir, avec le banal prétexte d'incitation à la violence politique. C'est en effet ce que fera ponctuellement Gregoire Owona, secretaire générale du RDPC, le parti de Paul Biya, le 24 mai 2024. --------------------- Source : https://www.camer.be/85438/6:1/gregoire-owona-met-en-garde-maurice-kamto-democratie-camerounaise-et-refus-de-la-violence-cameroon.html Kamto a cherché à annoncer une insurrection sans avoir les moyens d’en mener une. Question : dans quel cas cette menace aurait eu un sens ? Réponse : Cette menace aurait eu du sens s’il monsieur Maurice Kamto disposait d’alliances diplomatiques ou militaires structurantes. Ce qu’il n’avait pas. En Sociologie Politique, on constate que dans les régimes fermés, les oppositions qui ont réussi à créer un rapport de force efficace à leur combat, avaient généralement une base sociale enracinée (syndicats, églises, corporations), une alliance militaire ou sécuritaire interne (même minoritaire), un soutien extérieur clair (États, organisations régionales, ONG puissantes), une stratégie de mobilisation imprévisible.
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