En d'autres mots, vous irez seuls faire la guerre contre Pékin. Une leçon de la guerre en Iran : Taïwan a compris des difficultés de Washington au Moyen-Orient, et de son incapacité à protéger les riches États du Golfe, qu'il vaut mieux donner à Pékin ce qu'il demande et éviter d'en plonger dans une guerre dont l'issue est déjà connue : la destruction de Taiwan. D'où cette phrase dite ce matin à Shanghai par la leader du parti d'opposition le KMT, madame Cheng Li-Wun qui dit en arrivant à Shanghai : "Si tu aimes vraiment Taïwan, tu vas saisir toutes les opportunités pour empêcher qu'il finisse englué dans une guerre" . La messe est dite. Après Shanghai, elle est attendue demain à Pékin. C'est la fin d'une époque où la seule annonce de la protection militaire des États-Unis suffisait pour faire plier même le plus récalcitrant des ennemis. Si l'Arabie Saoudite, avec 71 milliards de dollars de budget militaire, avec le soutien américain, n'arrive pas à tenir tête à l'Iran avec 8 milliards de dollars de budget militaire, c'est Taïwan qui va faire quel miracle devant la Chine en comptant sur Washington ? La fermeture du détroit d'Ormuz, qui empêche toute exportation de pétrole et gaz de 6 pays protégés par Washington, donne une leçon à Taïwan : La Chine n'a pas besoin de tirer un seul missile sur Taïwan, juste de détruire deux ou trois bateaux qui s'approchent de l'île et le message sera compris par tous les assureurs qui ne voudront plus assurer les bateaux qui vont à Taïwan. La même chose pour le trafic aérien. Il a suffi à l'Iran de détruire des dépôts de pétrole à l'aéroport de Dubai pour interrompre tout le trafic aérien de et vers Dubai. Même un aveugle voit plus clairement que le blocus naval et aérien que l'Iran a réussi à imposer à 6 pays sera plus facile à la Chine contre une île. Faites vos calculs. Donald Trump vient de servir Taïwan à Xu Jinping sur un plateau en or, sans qu'il ait besoin de tirer un seul coup de fusil. A force de vouloir bloquer le Venezuela pour soi-disant contrôler la vente de son pétrole à la Chine, à force de croire que les iraniens sont des Arabes qui parlent perse et ne n une civilisation continue de 4000 ans, Donald Trump vient de commettre l'erreur historique qu'aucun président américain n'avait commise. C'est dévoiler aux yeux du monde la vraie force des États-Unis qui est en souffrance devant une moyenne puissance comme l'Iran. Du coup, on n'a pas besoin de convaincre Taïwan que l'heure est venue de rentrer à la maison, à la mère patrie, à Mainland China. Merci à qui ? À papa Trump. D'où le titre de The Economist citant Napoléon qui dit : Il ne faut surtout pas d'étranger votre ennemi qui se trompe. L'histoire s'écrit sous nos yeux. Les naïfs africains se demandaient où était la Russie, où était la Chine pour ne pas réagir violemment contre la barbarie du président des États-Unis contre le Venezuela et contre l'Iran.
Lire le contenu