Au 28ème jour de la guerre qu'il a déclenchée contre l'Iran, le président des États-Unis en est réduit à repousser pour la énième fois les ultimatums qu'il émet contre l'Iran, d'abord 48 heures, ensuite le nouvel ultimatum qui devait se terminer ce vendredi 27 mars 2026. On n'a pas atteint le 27 qu'il a anticipé hier soir avec un nouvel ultimatum pour le 6 avril 2026. Si, à cette date, les Gardiens de la Révolution iranienne n'ont pas ouvert le Détroit d'Ormuz, fermé à la circulation des bateaux des pays jugés hostiles à l'Iran, alors, il y aura la fin du monde, à cause des bombardements américains.
Comme je l'ai déjà écrit, Donald Trump se trompe de guerre. Il mène l'ancienne guerre classique où ce sont les bombardements qui étaient un facteur décisif de succès. Ce qu'il ne sait toujours pas est que dans les guerres modernes, c'est celui qui transforme intelligemment l'économie en arme qui gagne. Il brandit les porte-avions, les soldats de la 82ème unité prêts à occuper l'île iranienne de Kharg, mais il oublie que cette île n'est qu'un simple robinet où il n'y a rien à saisir. Il ne sait non plus que ce n'est pas son armada qui sert dans les nouvelles guerres modernes. C'est l'économie qui devient l'arme la plus destructrice. Les Iraniens, qui bombardent les pays du Golfe persique, tirent des missiles sur Israël, mais il ne s'agit là que d'une pure diversion, pour occuper l'ennemi. Les vrais Gardiens de la Révolution, qui sont aux manettes en Iran, ne sont ni les généraux, ni les religieux, ni les politiciens professionnels, mais une armée invisible d'économistes iraniens qui se sont entrainés pendant plus de 20 ans, pour transformer l'économie en arme mondiale.
Pendant que Donald Trump braille, ils sont silencieux, invisibles, imperturbables, ils ont déjà anticipé ce que cela ferait de fermer le détroit d'Ormuz, sur l'économie mondiale. Ils avaient déjà mis au point la stratégie de péage du passage au détroit d'Ormuz, il ne leur restait plus que le faux pas des occidentaux et de leurs alliés du Golfe, pour leur permettre de donner exécution à leur planification. Et cette chance est arrivée de Donald Trump. Au moment où le 28 février 2026 à Washington, Donald Trump fêtait la mort de l'Ayatollah Ali Khamenei, il ne pouvait imaginer qu'au même moment, à Téhéran, une armada d'économistes fêtaient le coup d'envoi qu'il venait de leur donner pour mettre en place leur péage.
En réalité, Donald Trump venait de remplacer un Khamenei plus vieux, plus modéré, qui a même fait une Fatwa pour interdire la production de la bombe atomique, par un autre Khamenei plus jeune, plus radical et surtout, plus intéressé à doter l'Iran de la bombe atomique.
Donald Trump a tous les armements les plus sophistiqués de son côté et un budget militaire colossal de 900 milliards de dollars, plus élevés que celui des 10 pays suivants, mais il lui manque, les économistes de guerre, il lui manque les stratèges de guerre économique, il lui manque l'essentiel.
De quoi s'agit-il ?
Il y a 40 ans, dans mon Université de Pérugia en Italie, mon professeur de guerre économique nous disait une sacro-sainte vérité : Dans les 10 à 20 prochaines années, l’avantage stratégique dans toutes les guerres reviendra à ceux qui sauront transformer l’économie en arme. Le général qui commande les troupes sera moins décisif que l’économiste qui commande les flux. Celui qui sait transformer l’économie en arme dictera l’issue des conflits à venir.
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