Marx nous explique que le dominant contre le temps de vie du dominé. Ainsi même en dehors de l’usine, explique Marx, l’ouvrier reste soumis aux effets du travail face à son maître : fatigue, manque de temps libre, besoin constant d'échanger sa force de travail pour survivre.
Le colonialisme s'inspire donc du capitalisme pour imposer une organisation du temps, de l’espace et des comportements qui dépasse le lieu de travail. Le colonisé de même que l’ouvrier intériorise la logique de productivité et de rentabilité jusque dans sa vie privée. C'est ce que Marx appelle, la Discipline Sociale. En fournissant aux colonisés le maïs pour les animaux, en prenant conscience que cela va contribuer à fragiliser sa santé, le colonisé au même titre que le salaire dont parle Marx, ne sert pas seulement à acheter ce maïs pour animaux, ce blé pour animaux, mais à le maintenir dans la nécessité de revenir se soumettre lui-même, au service cu maître quand bien même il sera laissé libre de partir et de faire de sa vie ce qu'il veut.
Pour Marx, c'est la reproduction des rapports sociaux. Ainsi, le capital contrôle la vie entière, pas seulement les heures passées à l’usine. Le colonisateur a cherché à contrôler le colonisé depuis ce qu'il mange au petit-déjeuner jusqu'à son couscous de maïs pour animaux qui crée le retard mental ou son manioc qui crée le crétinisme à son diner.
Marx écrit dans Le Capital que le capitaliste « achète la force de travail » et, ce faisant, contrôle non seulement l’activité de l’ouvrier mais aussi son existence, car celui-ci doit continuellement vendre sa force pour vivre. Le travail devient donc une contrainte permanente, une sorte de filet qui enferme l’ouvrier dans un cycle sans fin.
Pour Marx le travail salarié est une forme de domination totale, qui structure la vie sociale et personnelle de l’ouvrier bien au-delà des murs de l’usine. Ajoutez à cela, le fait que cet ouvrier est un colonisé à qui le colonisateur a ajouté au contrôle de son travail, celui de son alimentation, expressément de mauvaise qualité, puisqu'il fat le choix de choisir le blé et le maïs qui sont interdit en Europe à la consommation humaine, comme base de l'alimentation principale des colonisés.
QUELLES LECONS DE KARL MARX POUR L'AFRIQUE ?
Imposer le maïs fourrager destiné aux animaux en Europe aux populations colonisées en Afrique illustre parfaitement ce que Marx décrivait comme une logique de contrôle social par l’économie.
Question : Comment cela s’inscrit-il dans la pensée marxiste ?
Réponse :
Les colonisés sont privés de leur autonomie alimentaire. En recevant une nourriture de moindre qualité, ils deviennent dépendants des structures coloniales pour leur survie. C'est la première étape de l'aliénation et et la dépendance.
Ensuite arrive la deuxième étape qui est celle de la reproduction de la domination. En effet, le capitalisme colonial ne se contente pas d’exploiter la force de travail, il organise aussi la vie quotidienne des colonisés, jusque dans leur alimentation. Cela correspond à ce que Marx appelait la reproduction des rapports sociaux de production.
En contrôlant pour être certain de la santé fragilisée des colonisés, le colonisateur s'assure d'avoir une force de travail fragilisée incapable de la moindre revendication. En fournissant une nourriture inadaptée, le système colonial affaiblit physiquement les colonisés, ce qui limite leur capacité de résistance et les maintient dans une position subordonnée.
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