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2432- 8ème jour - Guerre USA-Iran : l’ancien Brics sera-t-il remplacé par le trio : Chine-Russie-Iran ?
Introduction
John Mearsheimer né le 14 décembre 1947 à New York, est professeur à l'Université de Chicago en relations internationales, l'inventeur du concept du réalisme offensif.
Dans son livre "The Tragedy of Great Power Politics" (La tragédie des Grandes puissances) publié en 2001, il explique que le monde ne peut pas rester dominé par un seul «hégémon global » que sont les États-Unis depuis 1991. Selon lui, le système international est anarchique et pousse les grandes puissances à rechercher la suprématie régionale.
Résultat des courses : on se dirige vers un monde des hégémons régionaux : États-Unis en Amérique, Chine en Asie, Russie en Europe de l’Est, Iran au Moyen-Orient etc.).
Or, écrit l'auteur, la stratégie américaine est très dangereuse et pousse le monde vers une guerre mondiale inévitable, puisque les autres puissances ne voudront pas continuer de subir son hégémonie. Pire, écrit Mearsheimer, les États-Unis savent qu’ils ne peuvent pas contrôler directement toutes les régions. Leur stratégie consiste à placer des alliés pivots ou «sous-chefs » dans chaque zone :
- Japon et Corée du Sud en Asie de l’Est pour contenir la Chine.
- Israël au Moyen-Orient pour défendre leurs intérêts et contenir l'Iran.
- Allemagne et Royaume-Uni en Europe pour équilibrer la Russie.
Mais Mearsheimer estime que cette stratégie est instable à long terme, car les grandes puissances locales que sont la Chine, la Russie et l'Iran, vont imancablement finir par contester ce système. On va ainsi assister à des formes diverses de contestations, avec trois foyers principaux :
1) La Chine va refuser de rester sous l’ombre américaine et chercher à devenir l’hégémon régional en Asie.
2) L'Iran, dans une moindre mesure, en s'appuyant sur des puissances plus grandes comme la Chine et la Russie, va contester l’ordre américain au Moyen-Orient, en commençant par contester le "sous-chef" des Etats-Unis dans la région qu'est Israel. Et tout cela ne peut se terminer que par une guerre certaine.
3) La Russie aussi agit comme un hégémon régional en Europe de l’Est, et refuse que les Etats-Unis viennent lui dire quoi faire dans les espaces vitaux pour la Chine, de l'ancienne Union Soviétique, ce qui finira aussi par une guerre, afin que les Etats-Unis comprennent que sa suprématie est terminée. Ce qui arrivera ensuite avec le conflit en Ukraine.
Tout cela est écrit en 2001. Et c'est depuis lors que Mearsheimer, soutient que le monde unipolaire américain touche à sa fin. Les États-Unis tentent de maintenir leur influence via des alliés régionaux, mais cela ne peut pas durer indéfiniment. La montée de la Chine, la résistance de l’Iran et l’activisme de la Russie montrent que l’ordre international devient multipolaire, avec plusieurs hégémons régionaux en compétition.
Lors de son interview exclusive sur la chaine de télévision américaine NBC avant hier, jeudi, le 5 mars 2026, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi a affirmé que la Russie et la Chine soutiennent l’Iran «politiquement et autrement ». Il a ajouté que la coopération militaire entre Moscou et Téhéran «n’est pas un secret » et qu’elle a existé dans le passé, continue aujourd’hui et «continuera probablement ».
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Source : https://newsukraine.rbc.ua/news/iran-hints-at-russian-military-support-amid-1772747265.html
Nous sommes là, dans la confirmation du réalisme de Mearsheimer, qui veut que les trois pays, la Russie, la Chine et l'Iran ont un seul et même intérêt : mettre fin à l'hégémon américain, afin que chacun d'eux reste le seul pour diriger dans sa région.
Quand Donald Trump fanfaronne qu'il veut avoir son mot à dire sur la nomination du prochain Ayatollah en Iran, cela montre qu'il n'a pas lu Mearsheimer, pour comprendre qu'avec le soutient à l'Iran de ces deux puissances, la guerre est faite pour durer, jusqu'à ce que les Etats-Unis quittent définitivement du Moyen-Orient.
Le ministre iranien lors de cette interview sur NBC Araghchi a justement insisté sur le fait que ces deux puissances apportent un appui à l’Iran, non seulement diplomatique mais aussi dans "d’autres domaines". Il est expressément vague sur la définition de ces "d'autres domaines". A chacun de remplir ce vide par ce qu'il veut. Mais il a tout de même reconnu que explicitement que l’Iran et la Russie ont une coopération militaire de longue date, et qu’elle se poursuit. Il n’a juste pas confirmé une aide militaire directe dans le conflit actuel, mais a laissé entendre que Moscou continue de fournir un soutien.
Il y a un message politique sous forme de leçon pour les dirigeants africains qui répètent bêtement qu'on ne quitte pas un maître pour un autre et que les pays africains vont s'en sortir seuls face au seul hégémon du moment, face à l'agressivité des Etats-Unis. Araghchi affirme indirectement que l’Iran n’est pas isolé face aux États-Unis et à Israël, et qu’il bénéficie de l’appui de grandes puissances.
Selon des sources occidentales, la Russie aurait transmis des informations militaires à l’Iran sur les positions américaines dans la région. Ce qui a servi à rendre plus efficace les bombardements sur les bases militaires américaines. La Russie rend la monnaie de ce que les Etats-Unis lui font depuis plus de 4 ans en Ukraine. L'objectif du ministre iranien dans cette interview exclusive, est de rassurer son opinion publique interne en Iran et signaler à Washington que Téhéran n'est pas seul et surtout qu'il dispose d’alliés puissants grâce auxquels, la guerre a été planifier pour durer autant qu'il le faudra.
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