Au Sixième jour de la guerre entre les usa et l'Iran, le président américain Donald Trump est à sa troisième version des objectifs de guerre.  Dimanche le 1er mars 2026, au lendemain des premiers bombardements américains sur l'Iran, qui ont tué le Guide iranien, l'Ayatollah Ali Khamenei, avant de prendre l'avion présidentiel de Mare Al Lago en Floride, dans le sud-est des Etats-Unis pour rentrer à Washington, le président Trump  dit que les dirigeants iraniens veulent négocier avec lui pour mettre fin aux bombardements et qu'il est d'accord. Il ajoute que l'opération durera juste quelques jours.  Le lendemain, lundi le 2 mars 2026, il dit que les iraniens veulent négocier mais il a répondu que c'est trop tard et qu'il préfère continuer de bombarder. Il est même prêt à envoyer les troupes militaires au sol en Iran. Immédiatement, sans même envoyer des troupes au sol, il reçoit la nouvelle des premiers soldats américains tués, après le bombardement de la base américaine au Koweït. Pire, le même jour, des missiles iraniens font descendre trois avions américains dans le ciel du Koweït. C'est le premier véritable revers que la communication américaine va attribuer à un feu ami de l'armée koweitienne. Depuis quand, un allié descend dans la même journée trois avions, sans que l'état major ami, avise de la première erreur ?  Avant Hier le 3 mars 2026 le secrétaire d'état Marco Rubio devant un pool des membres du Congrès explique qu'en réalité, c'est une guerre israélienne et non américaine. Il dit que c'est Nettanyaou qui a pris la décision de bombarder l'Iran et que les Etats-Unis ont suivi, pour éviter que les iraniens en réaction, bombardent les Etats-Unis. Le ministre de la défense de son côté dit qu'ils ne sont pas en Iran, pour changer de gouvernement, mais juste pour empêcher l'Iran d'avoir l'arme nucléaire et puis c'est tout. Donald Trump est à sa troisième version en trois jours. Il dit qu'il reste à l'écoute des iraniens du régime qui veulent faire dissidence. Hier, mercredi le 4 mars 2026, Trump change encore de version. Il dit que tous les iraniens du régime qu'il avait en tête sont tous morts. Et que le prince en exil n'est pas connu dans le pays et ne ferait pas un bon président.  CE QUE JE PENSE  Je pense que tout cela traduit le désarrois de Trump, pour une guerre mal pensée et qui ne peut que mal se terminer. Quand un dirigeant politique comme Donald Trump, change fréquemment de justification ou d’objectifs dans une guerre, c'est immédiatement interprété par l'ennemi, comme un signe de désarroi politique ou de manque de cohérence stratégique. C'est-à-dire, un signe de faiblesse, de vulnérabilité.     En langage militaire, on parle de flottement stratégique, c'est-à-dire, une incapacité à maintenir une ligne directrice claire, ce qui brouille les objectifs militaires et politiques. Il s'agit d'une forme de "navigation à vue"; c'est une expression dans le jargon militaire pour décrire une conduite sans plan établi au préalable, où les décisions se prennent au jour le jour selon les circonstances, ou dans notre cas, selon les questions des journalistes ou des parlementaires.  On parle aussi en intelligence stratégique d'errance stratégique ou d'improvisation opérationnelle, qui ne sont pas des expressions très gentilles puisqu'elles tirent déjà des conclusions en donnant un jugement tranché d’une guerre mal pensée, où les buts évoluent sans logique ni continuité. Dans le jargon militaire anglo-saxon, britannique et américain, on parle de "Mission Creep", il n'y a pas une vraie traduction en français, mais on peut néanmoins par d'une sorte de dérive des objectifs, une oscillation, un tâtonnement complètement incohérent. Je reste convaincu que le président des Etats-Unis n'avait aucun de plan de guerre clair dès le départ, confirmant ce que Marco Rubbio a dit : on n'y est allé parce que Netanyahou a pris la décision de bombarder en premier. S'ensuite jour après jour, une communication politique qui tente de justifier après coup des décisions déjà prises.  Aux yeux des électeurs de Trump regroupés dans son groupe de soutien, MAGA (Make America Great Again), cela traduit une perte de crédibilité, car les objectifs annoncés en campagne électorale de s'occuper d'abord des problèmes américains sont comme oubliés. La drogue arrive du Mexique, les migrants arrivent du Mexique, mais Donald Trump a vu le Venezuela et l'Iran comme cibles prioritaires. Il donne l’impression d’une improvisation permanente sans lien apparent avec les promesses de la campagne électorale suivi de son triomphe dans les urnes.