Les dirigeants Soviétiques de Lénine à Gorbatchov, en passant par Stalin, Kroutchev, Brejnev pensaient que les l'autoroute est un caprice des bourgeois, parce que, contrairement aux dirigeants africains, eux tous comme Vladimir Poutine avaient bien appris leurs leçons de Géographie Economique qui enseignent ceci : Règle n° 1 : La construction d'une autoroute dans un pays non industrialisé doit arriver en dernier, comme stratégie de défense nationale et dans tous les cas, lorsqu'on a réussi les projets prioritaires pour sortir les populations de la pauvreté. Règle n° 2 : Il ne faut surtout pas commettre l'erreur fatale de stimuler la diffusion des produits importés, à travers une infrastructure routière optimale. Règle n° 3 : On sort les populations de la pauvreté non pas en facilitant que les produits des concurrents plus puissants que eux arrivent facilement jusqu'à elles, mais en créant des petites routes rurales qu'elles vont utiliser pour acheminer leur production, non pas à la capitale, mais dans la plus grande ville du département. Règle n° 4 : L'industrialisation doit obligatoirement précéder la construction d'une autoroute, car ce qui compte pour un pays pauvre, c'est avant tout non pas de nourrir, habiller ou éclairer les populations mais de les entrainer dans une dynamique de création de la richesse. Et cette richesse ne peut se créer qu'en stimulant prioritairement les échanges économiques et commerciaux entre ses propres citoyens,  et non de ses citoyens avec l'étranger, qui est l'apanage des citadins qui sont les premiers  à bénéficier des autoroutes. Règle n° 5 : Il ne faut pas compter sur les frais de péage pour rembourser les frais de construction d'une autoroute, mais sa capacité à contribuer à la création de richesse, grâce à la forte dynamique qu'elle insuffle aux industries et à la rapide mobilité de leurs productions. La première autoroute de la République Populaire de Chine est le Jingjintang Expressway, Pékin–Tianjin–Tangshan qui n'a été inaugurée qu’en 1988, très tardif aussi. Aujourd'hui en 2026, avec plus de de 160 000 km, la Chine possède le plus grand réseau autoroutier du monde, mais la majorité a  été construite après 2010. Ce que beaucoup prendront pour un “retard” s’explique par un facteur économique très simple : la Chine ne s'est mise à multiplier les autoroutes que lorsqu'elle a réussi à construire un modèle économique où ce ne sont pas les péages très faibles des usagers chinois qui remboursent l'investissement des autoroutes, mais les consommateurs des produits chinois, situés au bout du monde.
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