Devant le même fait, qui suscite l’étonnement, l'adulte africain va l'expliquer en parlant de sorcellerie, c'est-à-dire, qu'il croit réellement qu'il existe des pouvoirs occultes, surnaturels, alors que l'enfant européen va plutôt parler de la magie, c'est-à-dire, qu'il a été éduqué depuis tout petit à reconnaitre qu'un tel fait aussi spectaculaire et étonnant soit-il, n'est avant tout qu'un spectacle et surtout qui ne repose que sur l’illusion.
Résultat des courses : dans les sociétés arriérées culturellement comme en Afrique, la magie, ou la sorcellerie est liée au sacré et au mystique ; alors que dans les sociétés plus cultivées comme en Europe, la magie n’est rien d’autre qu’un art du divertissement.
Pour l’africain peu cultivé, la magie est un ensemble de pratiques et de contrôle des puissances occultes pour influencer la nature ou le destin des hommes. Ce qui est faux naturellement.
En Europe, comme aux Etats-Unis, la magie est surtout pédagogique. Il s’agit de se servir de l’étonnement de l'enfant, pour stimuler son imagination et lui donner les capacités de savoir questionner la frontière entre le vrai et le faux. Le rôle du magicien est de tromper les yeux de l’enfant, on parle d'illusionnisme, afin qu’il ne cesse de se demander comment est-ce possible.
Lorsque les missionnaires sont arrivés en Afrique, et plus précisément à l’Ouest Cameroun d’où je viens, ils ont enseigné certaines pratiques d’illusionnisme aux chefs traditionnels de l’Ouest du Cameroun dits Bamileke.
Ils leur ont enseigné à mettre en scène des spectacles d’illusionnisme où ils font pousser un bananier jusqu’à le récolter à la fin de la danse. Alors qu’en Europe, on avertit l’enfant qu’il y a un « truc », il y a quelque chose de rationnel à ce qu’il croit voir et c’est à lui de chercher à le découvrir, au Cameroun, les missionnaires ont dit aux chefs traditionnels de ne surtout pas dire que c’était de la prestidigitation, mais la magie, démontrant qu’ils auraient des pouvoirs surnaturels.
Lire le contenu
....
Dernières nouvelles