Mais pendant des années, la Chine était incapable d'exporter la moindre voiture ou camion produit avec la collaboration de ces entreprises occidentales., dans les deux cas cités plus haut, le constructeur allemand Volkswagen et l'américain General Motors, ont volontairement transféré en Chine des plateformes de véhicules déjà amorties en Europe et aux États-Unis. L'objectif visé était de tromper la vigilance du gouvernement chinois en pénétrer le vaste marché chinois en s’associant à des coentreprises locales (SAIC, FAW) tout en se gardant bien de dévoiler à leurs partenaires chinois, leurs innovations les plus récentes notamment les moteurs hybrides, et les technologies de sécurité avancées, qui ne sont restées qu'en Occident. Résultat des courses : la Chine a reçu des modèles techniquement fiables mais technologiquement en retard par rapport aux standards occidentaux. Ce qui a fait que les véhicules Volkswagen produits en Chine ne remplissaient pas les conditions pour être homologués en Europe. Cette technique de faire semblant de transférer la technologie, tout en transférant la plus obsolète a permis à l'occident de tenir la Chine loin de toute compétition du marché internationale des véhicules pendant 30 ans. Mêmes pratiques dans la Chimie et Pharmacie  Les entreprises chimiques européennes ont installé en Chine des usines utilisant des procédés de fabrication plus anciens, moins coûteux et déjà amortis. Comme dans le cas de l'automobile, il fallait profiter de la demande locale chinoise et des coûts de production bas, tout en gardant les procédés les plus récents en Europe pour rester compétitifs sur les marchés à haute valeur ajoutée. Il fallait contribuer ) mettre dans l'imaginaire collectif du consommateur au niveau mondial que les produits Made in China sont de piètre qualité, comparés bien sûr aux produits européens et américains. Et cela a marché. Il fallait ne donner à la Chine que des technologies "suffisantes" pour satisfaire ses besoins, mais pas au niveau des standards occidentaux les plus avancés, qu'ils pourraient utiliser un jour pour manifester la moindre autonomie. Pendant des années, des universités chinoises ont perdu du précieux temps dans l'études des procédés de fabrication conçus pour s'assurer de leur retard technologique et rendre plus difficile leur capacité à rattraper l'Occident. Des audits réguliers permettaient non pas de contrôler la qualité du travail effectué par l'entreprise en joint-venture en Chine, mais exclusivement pour vérifier et se rassurer que les partenaires chinois n’aient jamais accès aux données sensibles. -------------- Source : https://www.robert-schuman.eu/questions-d-europe/817-l-union-europeenne-a-accru-sa-vigilance-face-a-la-chine-sur-les-technologies-critiques-les-infrastructures-numeriques-et-la-cybersecurite-notamment-depuis-made-in-china-2025-les-investissemen On a observé la même chose dans l'aéronautique. Lors de la mise en place des lignes d’assemblage en Chine, les deux géants Boeing et Airbus ont transféré des procédés industriels déjà éprouvés, mais pas leurs technologies les plus modernes comme les matériaux composites de dernière génération, ou même les systèmes avioniques avancés. Cela aurait permis de répondre aux exigences chinoises de "transfert de savoir-faire" tout en limitant les risques de copie sur les innovations stratégiques.