Pourquoi toutes les révolutions échouent en Afrique ? En Afrique, les mouvements de colère de la population comme les coups d’état finissent tous par échouer parce qu’ils ne s’appuient pas sur un cadre théorique, pas d’idéologie. Le principal rôle de l’idéologie utilisée pour mener une révolution est de rallier des masses sur la durée ; elle offre les balises et les anti-corps, pour surmonter de nombreuses difficultés, les trahisons, les déceptions, les échecs non prévus ; ce qui n’est pas le cas d’une révolte spontanée ou d’un coup d’état qui ne se sert pas d’une idéologie pour se frayer un passage de lisibilité historique. La Révolution française s’est appuyée sur les idées de Rousseau et de Montesquieu pour atteindre un objectif bien clair et défini de la création des institutions nouvelles. La Révolution russe guidée par Lénine, s’est appuyée sur les idées de Marx pour atteindre un objectif clair et précis, celui créer en Union Soviétique, une société sans classes sociales. QUEL EST LE ROLE DE L’IDEOLOGIE DANS UNE REVOLUTION ? Lorsqu’on se penche sur les exemples de toutes les révolutions qui ont réussi dans l’histoire, on se rend vite compte qu’elles ont toutes quelque chose en commun : elles ne sont jamais de simples explosions de colère populaire qu’on dirigeant prend le plaisir d’haranguer tous les jours comme un influenceur, mais elles s’appuient toutes sur des idées structurées, c’est-à-dire, sur des théories qui donnent une direction, mais aussi une vision d’avenir lisible. Lorsqu’il n’existe pas de cadre intellectuel, les coups d’état comme les révoltes s’épuisent ou finissent toujours par échouer. Les exemples historiques montrent que les grandes révolutions ont toutes été précédées ou accompagnées de réflexions théoriques puissantes. Les révolutions conduites par les africains finissent toujours par échouer parce qu’elles ne sont basées sur aucune théorie. Je crois que cela est dû au fait que les intellectuels et dirigeants africains ne lisent pas. Par conséquent, ils ne sont pas cultivés. Pendant longtemps, le président de la Tanzanie Nyerere s’est fait appeler, le père du Socialisme Africain. Mais quand vous lisez sa définition du socialisme, vous vous rendez compte qu’il n’a jamais lu Karl Marx. Et c’est très grave, les africains croient naïvement qu’ils peuvent s’affranchir des expériences des révolutions précédentes. Ils avancent donc, sans théorie, sans idéologie. Or nous savons aujourd’hui que sans théorie, il n y a pas de direction pour conduire à la moindre révolution. Sans théories, les coups d’état portés par les révoltes populaires sans idéologie claire finissent toujours par échouer ou simplement récupérées. Les révolutions échouent lorsqu’elles ne sont pas théorisées ou quand la théorie utilisée ne correspond pas à la réalité vécue par les masses populaires. En revanche, nous savons aujourd’hui, pourquoi les révolutions réussies sont des révolutions théorisées, c’est tout simplement parce que les idées qui ont précédées la prise de pouvoir qui sont au final, le moteur qui va transformer un coup d’état ou une révolte populaire en projet historique. La théorie doit forcément précéder l’action révolutionnaire : Les penseurs des Lumières ont inspiré la Révolution Française de 1789 et Marx a inspiré la Révolution russe de 1917 puisque leurs théories ont été écrites bien longtemps avant que ces révolutions éclatent. Personne ne dit qu’il faut rester figé aux idées écrites ailleurs par des penseurs qui ne connaissaient pas nos réalités au moment d’élaborer leur théorie ou leur idéologie, la théorie doit évolue avec le contexte. Par exemple, les révolutionnaires français traduisent les théories de Rousseau qu’ils convertissent en institutions.