Dans le monde, l’âge moyen des dirigeants se situe autour de la soixantaine, mais certains dépassent largement les 80 ans. Ces dirigeants âgés ont leurs avantages, comme la stabilité politique ou une certaine autorité historique, mais ils ont surtout des inconvénients, notamment sur la capacité physique et mentale à gouverner.
La plupart se maintiennent au pouvoir, parce qu'ils ont tripatouillé la constitution, mais d'autres jouissent d'une véritable popularité persistante, justifiant la continuité plutôt symbolique à la tête de l'état.
Même en mettant de côté ces avantages et les inconvénients combinés, nous nous trouvons tout de même devant un vrai paradoxe : d’un côté, l’expérience et la mémoire politique de ces dirigeants âgés sont précieuses, mais de l’autre, leur âge avancé suscite des inquiétudes sur la capacité d'adaptation à un monde qui change rapidement et surtout, sur la nécessité de la relève politique qu'une telle longévité empêche forcément.
On ne peut pas réduire la situation du Cameroun uniquement à l’âge de Paul Biya, mais son long maintien au pouvoir (43 ans de 1982 à 2025) et son âge avancé (93 ans en 2025) ont eu des effets directs sur la gestion économique et financière catastrophiques du pays selon les rapports de la Banque Mondiale et du Fond Monétaire International, à cause à mon avis, de la mauvaise compréhension des enjeux du surendettement.
Paul Biya est dépositaire d'une vision économique héritée d’une autre époque. En effet, il a été formé politiquement et économiquement dans les années 1950-1960, une période où l’endettement public était perçu comme un levier de développement sans les contraintes modernes des marchés financiers mondialisés. Sans l'épée de Damoclès permanent des agences de notation, que lui et ses conseillers ignorent royalement, avec les conséquences financières désastreuses que nous constatons jour après jour.
Les enseignements qu'il a reçus en France à l'école d'administration coloniale, il y a plus de 60 ans limitent gravement sa capacité de compréhension des mécanismes actuels de dette souveraine et de dépendance aux bailleurs.
En d'autres mots, il y a plus de 60 ans, il était allé en France apprendre à l'école qu'il n'a qu'un seul patron, la France, et aujourd'hui, il a du mal à se rendre compte qu'en plus de la France, il y a un nouveau patron, le vrai, plus puissant, ce sont les marchés financiers. Il a du mal à se rendre compte que même s'il accepte de souffrir le martyr du déluge de pluie torrentielle sur les gradins des Jeux Olympiques à Paris, cela n'effacera pas ses dettes, cela ne le sauvera pas de la dictature des agences de notation et des bailleurs de fonds.
La théorie de la sélectivité socio-émotionnelle.
Paul Biya a choisi et nommé aux postes de la présidence du parlement,
- Le président de l'Assemblée nationale du Cameroun est Cavayé Yéguié Djibril né le 1er janvier 1940 (85 ans en 2025).
- Le président du Sénat est Marcel Niat Njifenji, né le 26 octobre 1934 (91 ans en 2025),.
- Le directeur de la SNH (Société National des Hydrocarbures), depuis 1993 (32 ans) Adolphe Moudiki, né le 10 décembre 1938 (87 ans en 2025)
- Ministre camerounais de l'Enseignement supérieur, en fonction depuis le 9 décembre 2004 (21 ans, en 2025), Jacques Fame Ndongo, né le 15 novembre 1950 (75 ans en 2025).
Beaucoup de gens caricaturent cette situation en disant que Paul Biya aiment s'entourer des autres vieux comme lui. Ce qui n'est vrai qu'en partie.
Lire le contenu
....
Dernières nouvelles