Première partie : LES CONSEQUENCES POLITIQUES D’UN PARLEMENT CONSTRUIT AVEC L’ARGENT DES CONTRIBUABLES CHINOIS NOMME A L’HONNEUR DE PAUL BIYA « On ne se résout jamais à découvrir la nudité de son propre pays à la légère. Car écrire sur son pays, c’est se dévoiler soi-même, c’est mettre à nu ses propres faiblesses, ses propres illusions, ses propres lâchetés. C’est accepter de se livrer à la critique en même temps qu’on livre son peuple à l’examen. C’est consentir à être jugé à travers ce qu’on dit des autres. C’est se mettre en danger, car la vérité n’est jamais neutre : elle dérange, elle blesse, elle expose. Mais c’est aussi un acte de fidélité, car aimer son pays, c’est oser le regarder en face, sans fard ni complaisance. » Henri Bandolo (1943–1997) dans "La flamme et la fumée" (1985). Il me plait de commencer cette leçon avec Henri Bandolo (1943–1997), ancien ministre de la culture du président camerounais Paul Biya. On l’appelait « journaliste du président », vue sa proximité avec Ahmadou Ahidjo puis Paul Biya, parce qu’il n’était pas que journaliste, mais aussi un politicien, membre de l’Union nationale camerounaise (UNC) le parti créé par Amadou Ahijo et puis du RDPC le parti créé par Paul Biya. En 1985 il publie un livre de 500 pages intitulé : "La flamme et la fumée" aux éditions SOPECAM dont il prendra la direction quelques années plus tard et dans lequel il parle des 22 ans au pouvoir du premier président du Cameroun, Amadou Ahijo, , comme trop longs pour un pays pauvre comme le Cameroun, et la manière catastrophique dont tout cela s’est terminé. La cible principale de l’auteur est Ahmadou Ahidjo, président du Cameroun de 1960 à 1982, dont Bandolo critique la dérive autoritaire et l’isolement. Il est très rare en Afrique de lire les témoignages des journalistes proches du pouvoir surtout écrits non pas pour aduler le monarque et jouer au courtisan, mais qui ose pointer les dérives d’un régime à bout de souffle. Ce livre est en fait un mélange de témoignage journalistique et de chronique politique qui nous permet d’analyser la situation aujourd’hui. Il parle de Ahijo, mais il suffit de remplacer le nom Ahijo par Biya et on retrouve exactement la même situation décrite, il y a 40 ans. Henri Bandolo écrit sur le rapport entre médias et pouvoir, entre ses collègues journalistes et le président de la République et il en est très sévère : « La presse nationale du Cameroun, corsetée par la peur et l’habitude, n’était plus qu’un haut-parleur du régime. » Il parle du rôle des intellectuels camerounais en général et dénonce leur silence ou leur compromission. Ce qui les rend tous complices de la fragilité institutionnelle du pays. Bandolo écrit : « Quand l’État se confond avec l’homme, il devient un corps sans ossature, prêt à s’effondrer au moindre souffle. » Bandolo nous explique que c’est le résultat de trop de temps au pouvoir sans alternance, 22 ans au pouvoir pour Paul Biya. Il écrit 40 en avance ce qu’on retrouve sur Paul Biya, où il n’est plus seulement question des conséquences de 22 ans sans partage de pouvoir, où institutions et individus se confondent. Qu’en est-il donc de 43 ans de pouvoir sans contre pouvoir ? Bandolo avait déjà prédit : on arrive forcément au culte de la personnalité et surtout, la fragilité d’un pouvoir qui repose sur un homme plutôt que sur des institutions, et qui pour rester sur pied, doit multiplier les incohérences, la corruption et la violence comme mode de gouvernance. Voici ce qu’il écrit à la Page 221 de ce livre "La flamme et la fumée". « Essentiellement entouré de pleureuses, de courtisans et de couards, l’ancien chef de l’État [Ahmadou Ahidjo] était manifestement depuis longtemps coupé des réalités. Il n’avait plus autour de lui d’amis assez désintéressés – en eut-il jamais ? – pour l’informer objectivement de l’évolution de l’opinion et le conseiller utilement. Il fut alors berné, bercé de l’illusion d’une popularité qu’il avait depuis longtemps perdue, par une poignée d’hommes qui avaient intérêt à voir se perpétuer la confusion. ». Sur la succession d’Ahidjo par Paul Biya il ajoute : « La transition fut un théâtre d’ombres où chacun cherchait à sauver sa place, quitte à trahir hier pour se rallier aujourd’hui. » LES LECONS DE HENRI BANDOLO POUR 2025 ET PAUL BIYA Cicéron, de son vrai nom :  Marcus Tullius Cicero est né le 3 janvier 106 avant notre ère à Arpinum, en Italie et mort assassiné le 7 décembre 43 avant notre ère à Formies, toujours en Italie, lors de la campagne sanglante d’élimination politique menée par Marc Antoine (le Second Triumvirat) pour consolider son pouvoir après l’assassinat de Jules César. On peut aujourd'hui dire sans possibilité de se tromper que pendant les 43 ans de Paul Biya comme président de la République du Cameroun, parmi ses collaborateurs, il a manqué un personnage clé, une personne qui possède un  savoir large et accessible, issu de plusieurs disciplines, sans se limiter à une expertise technique ou académique. Le fiasco des 43 ans de pouvoir de Paul Biya est surtout dû à un manque dans son équipe des personnes dotées de la pensée complexe, c'est-à-dire, capables de comprendre qu'un événement historique est en mesure d'éclairer une œuvre littéraire, et qu'une découverte scientifique peut influencer un courant artistique. Dans l'antiquité grecque, un tel personnage prenait le nom de l’« humanitas » de Cicéron.  Et à la renaissance européenne, on l'appelait l’« honnête homme ». C'est un intellectuel dont les connaissances ne sont pas académiques, mais se sont construites méticuleusement, par accumulation, par curiosité, mais aussi, à travers les échanges. Question : Pourquoi la huitième prestation de serment de Paul Biya pose problème à la Chine ? Réponse : Parce que cela s’est passé dans un parlement baptisé au nom de Paul Biya alors qu’il a été construit avec l’argent des contribuables chinois. A la rigueur, il aurait pu s’appeler : Palais de l’amitié sino-camerounaise. Au lieu de cela, il s’appelle : "Palais de verre Paul Biya"
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