En comparant la prospérité des pays asiatiques communistes comme le Vietnam et la Chine, on a du mal à se rappeler que ces deux pays ont eux aussi, comme le Cameroun, la Cote d’Ivoire, le Benin, le Togo, le Sénégal, le Niger été colonisés par la France. On a du mal à imaginer que tous ces pays africains et asiatique ont pendant plus de cent ans, été meurtris par la violence de quelqu’un (un français) qui est parti de chez lui, un jour, pour aller à la découverte du monde, avec la volonté affichée de faire du mal, rien que du mal à tous les peuples qui l’accueillaient pourtant chaleureusement, comme on le fait habituellement pour tous les étrangers. En 1950 un livre est publié en France. Il est intitulé : "Psychologie de la colonisation française". Le livre attribué à divers penseurs, mais l’un des plus connus dans ce domaine est Octave Mannoni, pose clairement les réflexions sur les rapports psychologiques entre colonisateurs et colonisés. Octave Mannoni à travers tout le livre nous conduit dans un voyage littéraire pour tenter de comprendre les mécanismes psychologiques qui sous-tendent la domination coloniale, tant du côté des colonisateurs que des colonisés. A sa sortie, en 1950, le livre a été très contesté par les intellectuels français, parce que, pour la première fois, son auteur ouvre le débat sur les dimensions psychiques de la domination coloniale, refusant de suivre le schéma précédent des interminables débats entre analyse intellectuelle et engagement politique. Octave Mannoni était un psychanalyste et philosophe français, né en 1899, influencé par Freud et Lacan. Il est surtout connu pour son ouvrage "Psychologie de la colonisation" publié en 1950, dans lequel il analyse les rapports entre colonisateurs et colonisés à travers une grille psychanalytique. Mannoni part à Madagascar dans les années 1920 comme enseignant et chercheur. Il y reste plus de vingt ans, jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ce séjour colonial est déterminant dans sa pensée : il observe les effets psychologiques de la domination coloniale sur les Malgaches et sur les Français eux-mêmes. Dans son livre, Mannoni introduit le concept de "complexe de Prospero", inspiré de Shakespeare, pour décrire le colonisateur en quête de pouvoir et de contrôle. Il analyse aussi la dépendance psychologique du colonisé, qu’il relie à des structures mentales préexistantes. C'est l'essentialisme de Mannoni. L’essentialisme de Mannoni qu'est-ce que c'est ? Mannoni soutient que les colonisés auraient des traits psychologiques fixes et universels, comme une dépendance innée ou une immaturité affective. Cette immaturité affective se constate dans les comportements déraisonnables des chefs d'état africains vis-à-vis de la France, pour ce qui est des pays colonisés par la France. Dans son livre "Psychologie de la colonisation" Mannoni affirme que le colonisé souffre d’un besoin psychologique de dépendance, qu’il relie à des structures mentales préexistantes à la colonisation. Selon lui, certains peuples colonisés auraient une prédisposition à accepter la domination, en raison de leur culture ou de leur inconscient collectif. Il introduit le concept du "complexe de Prospero" pour décrire le colonisateur, mais aussi celui du "Caliban", représentant le colonisé dans une posture infantile ou dépendante. Par exemple comment est-ce possible que l’accueil des étrangers se soit transformé en colonisation ? L’accueil des étrangers est un des marqueurs de la civilisation humaine, parce qu’on se dit que celui qui est loin de chez lui, a faim, est perdu et donc a forcément besoin qu’on l’aide pour retrouver le chemin de retour jusqu’à chez lui.