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2222- Non les Bamileke ne sont pas riches ou la théorie marxiste de la fausse conscience de Georg Lukács.
Il n’existe pas de tribu africaine riche en situation coloniale ou néo-coloniale. On ne peut pas avoir de Bamileke riche dans un Cameroun qui appartient à la France.
Il n’existe pas de colonisé riche, car cela fausserait toutes les raisons de prédation, qui ont poussé un pays à priver un autre de liberté et donc de ses ressources.
Si de toute l’histoire coloniale de la France, vous avez un seul exemple de Martiniquais (noir) riche, cela signifie qu’on peut avoir des béninois néo-colonisés riches. Si vous connaissez un Guyanais ou un Guadeloupéen (noir) riche, cela signifie qu’il est possible de rencontrer un camerounais néo-colonisé riche.
Non, il n’existe pas un seul habitant autochtone de la colonie française de Nouvelle Calédonie riche, les Kanaks, parce que cela voudrait signifier que sans explication, les raisons de pillage, et brigandage colonial qui ont porté un peuple, le peuple français à parcourir 14.000 km pour continuer de priver de liberté les Kanaks en 2025 sont caduques.
Non les Bamileke ne sont pas riches. Ce sont des colonisés comme les autres, devenus commerçants et qui donnent l’illusion aux autres colonisés de mieux s’en sortir. Mais en situation coloniale, il ne s’agit dans l’ensemble que d’une illusion.
Pour bien comprendre comment le système marche, nous avons besoin du manuel d’instruction de celui qui le premier a dévoilé les mécanismes et les modes de fonctionnement du capitalisme : Karl Marx.
Karl Marx définit la société capitaliste comme une société où toutes les actions sont menées dans une logique de lutte entre deux classes sociales : la bourgeoisie qui poss-de le capital et le prolétariat qui vend sa force de travail à la bourgeoisie.
Dans une société coloniale ou post-coloniale comme le Cameroun, où se classerait les Bamileke qui sont surtout commerçants ?
Karl Marx ne classe pas systématiquement tous les petits commerçants dans la classe des prolétaires, mais il reconnaît que certains d’entre eux peuvent être assimilés au prolétariat, surtout dans le contexte du développement du capitalisme. Voici pourquoi :
Question : Qu’est-ce qu’un prolétaire selon Marx ?
Réponse : Selon Marx, un prolétaire est quelqu’un qui :
Ne possède aucun moyen de production (usine, terre, capital…)
Est contraint de vendre sa force de travail pour vivre
Est exploité par ceux qui détiennent le capital (la bourgeoisie)
Et les petits commerçants alors ? Où les classer surtout dans une société post-coloniale où le maitre français est toujours là avec sa monnaie, le Franc CFA et n’a aucune envie de s’en aller ?
À première vue, les petits commerçants (boutiquiers, artisans, indépendants) possèdent leur outil de travail, donc ne sont pas des prolétaires au sens strict. Mais Marx observe ceci de particulier qui les distingue :
Ils sont écrasés par la concurrence des grandes entreprises capitalistes
Leur autonomie économique est illusoire : ils doivent souvent s’endetter, travailler sans relâche (sans prendre les week-ends ni les vacances), et parfois embaucher à bas coût
Certains finissent par perdre leurs moyens de production, et deviennent eux-mêmes salariés ou précaires
Après avoir fait la liste de ces constatations, Marx arrive à la conclusion lapidaire, qu’il met par écrit dans le « Manifeste du Parti Communiste » que les petits commerçants, artisans et paysans sont des classes intermédiaires vouées à être absorbées par le prolétariat ou la bourgeoisie, c’est-à-dire, une classe intermédiaire oui, mais destinée à disparaître.
Sur le plan pratique, beaucoup de commerçants Bamileke que les gens adulent parce qu’on les prend pour des riches, ne savent pas eux-mêmes que la structure de leur capital ne permettra pas à leurs enfants, à leurs héritiers demain, après leur mort de prendre le relai et de continuer pendant longtemps la même activité. Cette fin malheureuse est possible parce qu’ils appartiennent à une classe intermédiaire destinée à disparaitre parce que c’est l’activité elle-même qui va disparaître en premier. Et beaucoup d’héritiers des gens qu’on croyait riches, vont retourner dans le salariat, reprendre leur place de prolétaires.
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