Imaginez le décor de notre film. Pendant trente ans, L’Union Soviétique à terre et puis disparue, la Russie qui prend le relai n’a pas les moyens financiers pour mettre les ressources nécessaires à la disposition de sa propre prospérité. L’Union Européenne se porte à son secours et met comme condition pour avoir l’amitié avec la Russie, que cette dernière finance la compétitivité des industries européennes, en bradant son gaz au prix de 15 dollars le MWh. Ce pillage de la Russie a duré 30 ans. Chacun s’en est servi pour entretenir sa propre prospérité, offrir la sécurité sociale à ses électeurs, s’endetter encore, plus, puisque de toutes les façons il y a la Russie qui brade son gaz et son pétrole qui permettront de garantir la productivité des usines. La Russie sait qu’elle est braquée, mais elle n’a pas de choix, les usines se trouvent à l’ouest de ses frontières et non à l’est. Et même là, il y a un petit problème. Les Européens ont une petite idée derrière la tête. Si pendant 30, le braquage du pétrole et du gaz russes ont réussi à maintenir la Russie aussi pauvre qu’elle soit un pays avec un PIB égale à celui d’Espagne, pourquoi ne plus payer les 15 dollars le MWh de gaz, tout simplement en la poussant vers une guerre en Ukraine et lui couper même ces 15 dollars, pour la contraindre à la défaite et mettre la main sur toutes ses ressources avec sa capitulation ? Aussitôt pensé, aussitôt mis en pratique avec le coup d’état de 2014 à Kiev. Et puis, arrive le Big Bang, un certain jeudi 24 février 2022 avec l’entrée des troupes russes en Ukraine.  Le plan semble marcher à perfection. D’habitude, quand on soutient un belligérent dans une guerre, on ne le rend public qu’à la fin de la guerre. C’est en tout cas ce qu’a fait la Chine dans la guerre des américains au Vietnam ou en Corée. La Chine qui dans toutes les deux guerres a soutenu les gagnants, Corée du Nord d’un côté et Vietnam de l’autre, n’a reconnu sa participation qu’une fois la guerre terminée. Cette prudence, permet de nier toute participation en cas de défaite. Mais en Ukraine, la victoire était sur le papier certaine pour les Européens qui ont appelé les Etats-Unis à se joindre à eux pour le festin à venir, des restes de la future Russie, morcelée et partagée. Ils ont multiplié les réunions, annoncé au monde entier qu’ils allaient détruire l’économie de la Russie. Et puis, après plus de trois ans et demi, les choses ne se passent vraiment pas comme prévues. Le tuyau pour le gaz russe a été triomphalement coupé puisque de toutes les façons, à la fin de la guerre, on aurait installé, non plus juste deux gazoducs, mais 28, chacun contrôlant le sien, jusqu’à Londres, puisque comme dit un dicton italien, « l’occasione rende l’uomo ladre » : c’est l’occasion, c’est l’opportunité imprévue, qui se présente subitement à vous qui fait de vous un bandit ou un saint. L’opportunité d’avoir à perpétuité le gaz et le pétrole russe sans payer ayant rendu le Royaume Uni bandit, ce dernier est même retourné à faire partie de toutes les réunions de l’Union Européenne qu’il venait de quitter. Nous sommes samedi le 5 septembre 2025. L’Union Européenne achète son gaz non plus à 15 dollars le MWh, mais à 200 dollars, c’est-à-dire au prix réel de marché. Et le président des Etats-Unis a publié un communiqué moqueur demandant aux Européens, d’arrêter d’acheter le gaz russe. Après 19 trains de sanctions, les Européens continuent d’acheter le gaz et le pétrole russes ? Eh bien oui ! Et puisque c’est eux-mêmes qui ont détruit NorthStream 1 et 2, ils sont désormais obligés d’importer ce même gaz liquéfié, transporté par bateau et à l’arrivée, il faut le mettre dans une usine qui transforme ce liquide de nouveau en gaz. Et bien sûr tout ce coût vient d’ajouter aux 200 dollars le MWh. Ce ne sont pas des génies ces dirigeants européens ? Mais ce n’est pas tout.