Vous avez certainement suivi ce matraquage médiatique de ces jours pour nous expliquer comment la Russie ne serait qu’une petite puissance régionale avec le PIB de son économie égal à celui de l’Espagne. Ce qui est faux naturellement. Premier producteur mondial de Pétrole et de gaz, la Russie a une rente, de l’argent qui entre (sans avoir besoin de rien faire), qui fait que seulement pour sa vente de pétrole et de gaz à l’Union Européenne, chaque jour, elle encaisse la somme de 270 millions d’Euros des pays de l’Union Européenne. Soit plus de 8 milliards d’Euros tous les mois. La Russie produit 11 millions de barils de pétrole par jour. A 100 dollars le baril, cela signifie qu’elle encaisse environ 1 milliard de dollars par jour, pour une population d’à peine 150 millions d’habitants. Pour comparaison, le Nigeria premier producteur de pétrole d’Afrique qui a 210 millions d’habitants, produits 1,9 millions de Barils de pétrole, par jour. Ce flux constant et régulier a permis à la Russie de réaliser un petit pactole de 680 milliards d’Euros de réserves monétaires et près de 190 milliards de dollars du fond souverain russe, des lingots d’or accumulés tous les mois, depuis l’annexion de la Crimée en 2014, pour attendre et anticiper la prochaine sanction de l’UE. Conséquence : l’économie russe est aujourd’hui en février 2022, plutôt au niveau de celle de l’Allemagne. En plus, la Russie a réussi à transformer l’embargo contre elle pour une opportunité des affaires. En effet, premier producteur mondiale de l’engrais azoté, pour l’agriculture, la Russie est aussi le premier pays agricole du monde, avec 122 millions d’hectares de terres cultivés sur les 1.300 millions d’hectares disponibles, grâce à ses mesures de rétorsion contre l’embargo des occidentaux. Ainsi, elle est devenue en 8 ans, le premier producteur mondiale de nombreux produits agricole, comme le blé, l’avoine, le seigle, la betterave, le tournesol etc. Pour comparaison, la France cultive 17 millions d’hectare et le Canada, 35 millions d’hectares cultivés sur 65 millions disponibles. Par vengeance, le blé russe, a surtout ciblé les anciennes forteresses de la vente du blé de la France en Afrique (Egypte, Algérie). Quand Vladimir Poutine prend le pouvoir en 2001, l'inflation, qui était de 90 % en 1999, a été ramenée autour de 10 % dès 2004. La dette extérieure de la Russie, qui était de près de 150 % du PIB (en 1998), est passée à 15 % du PIB aujourd’hui en 2022. Pour information et comparaison, la dette publique française est de 120% du PIB et celle de l’Italie, de 130% de son PIB en 2022. Aujourd’hui, la Russie se porte plutôt très bien. Elle a annulé par exemple la dette de l’Algérie de 4 milliards de dollars, elle a financé pour 10 milliards d’Euros, une centrale électrique nucléaire à la République Tchèque, membre de l’Union Européenne qui n’arrivait pas à obtenir les financements au sein de l’UE. Même l’Allemagne, première puissance économique de l’Europe n’a pas été capable de faire un tel geste. Egor Gaïdar né à Moscou le 19 mars 1956, ancien premier ministre russe, qui a mené la Russie dans le gouffre de l’ère Eltsine et mort d'une embolie pulmonaire, mercredi le 16 décembre 2009, à l’âge de 53 ans, a écrit dans son livre intitulé « La Chute d'un empire », et publié en 2006, que « l'URSS, s'est effondrée, pas tant à cause de la rigidité de l'économie planifiée que parce que son principal produit d'exportation, le baril de pétrole, a atteint alors son plus bas niveau (10 dollars le baril en 1986) ». Aujourd’hui le 24 février 2022, le prix du baril est de 100 dollars et plus la crise dure et plus les prix flambent et donc, la Russie peut se permettre de punir les pays de l’Union Européenne en réduisant la quantité de pétrole et de gaz qui leur arrive, mais encaissera le même montant.