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2199- Les Prêtres, Pasteurs, Médecins européens, Espions en Afrique - L'exemple de Paul Aujoulat au Cameroun et de Albert Schweitzer au Gabon
Partie 2/5
Aujourd’hui, 17/09/2019, je me trouve en Italie. Et dans quelques jours, je serai au village, à Bafang. Supposons qu’à Bafang les gens souffrent d’une maladie que je ne connais pas d'ici. Mais je réside ici à Milan et ce n’est certainement pas en priant Jésus que je vais savoir de quoi souffrent exactement ces populations, encore moins les sauver ou les amener à guérir d’un mal que je ne connais toujours pas.
Et même si je suis médecin, il s’agit somme toute, de médecine générale, c’est-à-dire que je ne peux avoir qu’une idée très approximative du mal dont souffrent les populations à Bafang.
Me voilà donc, samedi prochain, dans 4 jours, le 21/09/2019 à Bafang, et aussitôt arrivé, je lance la construction d’un hôpital, et en même temps, je cours du côté de Efok, dans le sud du Cameroun, créer un deuxième hôpital.
Première question : Avec quel argent ? avec l’argent de qui ?
Deuxième question : Pour atteindre quel objectif ?
Comment peut-on à ce point s'inquiéter de la santé des populations et ne rien dire des tortures et sévices coloniales qu’elles subissent au quotidien ?
J’ai du mal à comprendre l’humanisme de certains européens qui ont l’arrogance de vouloir faire le bien des gens malgré eux. Et même s’ils étaient venus pour guérir les gens, ils avaient déjà décrété que la santé en captivité pour les africains vallait mieux que la liberté.
C’est en tout cas ce qui est arrivé en 1934. Un jeune médecin de 24 ans, soutient sa thèse de médecine à l’Université de Nancy en France. On dit à l’époque que c’est le plus jeune médecin de toute la France. Il s’appelle Louis-Paul Aujoulat. L’année d’après, en 1935, il a 25 ans, et avec son épouse de 19 ans, avec qui il aura 6 enfants au Cameroun, il a décidé : il sauvera les pauvres du Cameroun.
Pourquoi le Cameroun ? Pourquoi pas le Sénégal ou le Congo ?
Louis-Paul Aujoulat obtient son baccalauréat en 1927, à 17 ans. Issu d'une famille très religieuse, avec le papa enseignant, en Algérie où il nait en 1910, il s'inscrit en médecine à la faculté catholique de Lille (Université de Nancy).
Dès sa première année de faculté, il milite pour la JEC (Jeunesse Etudiante Chrétienne).
En 1931, il crée le cercle Saint-Thomas, pour débattre des difficultés de l'Eglise Catholique dans les bouleversements de son époque.
Cette année-là, il crée aussi, la LIMEF (Ligue Missionnaire des Etudiants de France), pour recruter les étudiants africains boursiers en France et mettre au service de l’Eglise Catholique à leur retour en Afrique. Même si, officiellement, il est plutôt écrit dans les statuts que l'objectif de la LIMEF est pour, je cite : "connaître et faire connaître l'oeuvre missionnaire et aider matériellement "les étudiants de couleur".
Le 23 juin 1932, avec 6 amis, et le soutien indéfectible du cardinal de Lille, Monseigneur Liénard, il crée AD LUCEM (Association de Laïcs Universitaires et Chrétiens et Missionnaires" pour aller sauver des vies en Afrique.
Dès la fin de ses études, c'est ce cardinal qui le dépêche immédiatement au Cameroun.
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