Quand j’étais tout petit à Nkongsamba, à l’Ouest du Cameroun, en quittant la maison, nous mettions la clé en haut de la porte ou sous un tapis de raphia tissé, tout simplement parce qu’il n’y avait rien à voler à la maison. Nous aurions pu laisser cette porte ouverte, que cela ne changeait rien du tout. C’est une fois devenu grand que je me suis posé la question : en fait, pourquoi fermions-nous la porte à Nkongsamba ou à Kekem ? Je crois que c’était juste par mimétisme pour des pauvres d’imiter les rares riches du quartier pour qui, normalement une porte devait forcément rester fermée à clé lorsqu’on quitte la maison. En Europe, au Moyen-Age, les objets les plus précieux comme les bijoux, les pierres précieuses, les pièces de monnaie, les tableaux, sont tenus dans une boite ou dans une salle fermée à clé. Et bien entendu, cette clé on la tient jalousement dans sa poche toute la journée. Mais lorsque vous mettez la clé sous la porte, cela veut tout simplement dire que vous avez vidé la maison et que vous voulez fuir discrètement le bailleur et les créditeurs sans faire de bruit. Et c’est au petit matin, en venant vous réclamer leur dû, qu’ils vont se rendre compte que la porte reste désespérément fermée. D’où l’expression à partir du 15ème siècle : « mettre la clé sous la porte » ou mettre la clé sous le paillasson. C’est en tout cas, ce qui risque d’arriver très prochainement à toutes les compagnies classiques occidentales et japonaises de fabrication d’automobiles, contraintes par la Chine à mettre toutes leurs clés sous la porte et non dans leurs poches. Installez-vous très commodément dans votre fauteuil ou votre chaise de raphia ou de bambou, et prenez bien avec vous des arachides grillées ou bouillies, car l’’histoire que je vais vous raconter aujourd’hui, est très croustillante et semble tirée tout droit d’un de ces livres classiques de science fiction comme  « La machine à explorer le temps » de H.G. Wells publié en 1895 et mis à jour en 1924 « 1984 » de George Orwell publié en 1949, « Chroniques martiennes »  de Ray Bradbury publié en 1950, « Le Cycle de Fondation » de Isaac Asimov publié en 1951, et « La Planète des singes » de Pierre Boulle publié en 1963, que vous avez certainement tous lu comme moi, quand vous étiez adolescents, parce qu’ils nous racontaient tous un monde futuriste paradisiaque, mais intrigant dans lequel nous devrions entrer et dont quelqu’un prenait la peine de nous décrire toutes les péripéties, mais aussi les horreurs et les acteurs de ces faits qui allaient meubler notre avenir. Il y a une semaine, avec mes jeunes de la Pougala Academy, nous avons terminé notre conclave d’un mois de séjour à Guangzhou, en Chine. Tous les soirs, nous faisions un débriefing de tout ce qu’on avait trouvé de grande opportunité pour soi-même et pour l’Afrique. Et ce rituel à la fin semblait plutôt comme un exercice de raconter les rêves qui viendront, avec chaque personne qui prenait la parole tellement heureuse et enthousiaste de l’avenir qui l’attendait désormais. Mais pendant qu’ils parlaient, à chaque fois à la conclusion emphatique de chaque intervenant, je répétais à moi-même : Wells, Wells, Wells ! Dans son livre de science-fiction, le premier que j’ai cité plus haut, intitulé « La machine à explorer le temps »,  publié en 1895 par H.G. Wells, ce dernier nous parle d’un monde futuriste en l’an 802.701 qui s’est transformé en paradis, où personne n’a plus besoin de rien faire, puisque tout est à notre disposition au point de rendre les habitants de ce monde imaginaire d’été permanent, des oisifs. Mais Wells nous réserve une surprise, car en réalité, il s’agit d’un paradis seulement en apparence.    Et dans ce paradis, il y a deux genres d’individus, d’un côté les   Éloïms, qui vivent en surface, tout contents, heureux et  de l'autre « les terribles Morlocks qui ont fui la lumière pour s'enterrer dans un gigantesque et inhospitalier monde souterrain ». Dans ce monde de Wells, je voyais les Chinois et les Africains tous heureux de faire les affaires toute la journée comme les Éloïms et de l’autres, tous ces occidentaux qui nous regardaient de travers non contents de voir des africains aller négocier en premières personnes en Chine, comme les terribles Morlocks de Wells. Et dans ce monde, Wells nous y invite comme des Explorateurs du temps où il y a de très nombreuses questions auxquelles nous ne pouvons répondre sans cet exercice d’exploration du temps, pour revenir au présent, à notre époque. Dans la fréquence des voitures électriques qui va suivre, nous sommes déjà dans le futur de Wells, dans lequel les terribles Morlocks, auront terriblement du mal à s’en remettre et revenir en surface nous retrouver. L’histoire que je vais vous raconter, commence en 1893, lorsque le premier moteur Ford voit le jour  dans la maison familiale au 58 Bagley Avenue à Detroit dans l’état de Michigan aux Etats-Unis. Peu de temps après, son auteur Henry Ford construit sa première automobile et quitte son emploi chez Edison en 1899 pour fonder la Ford Motor Company. En 1908, tous les économistes du monde doivent ajouter à leur liste de connaissances, un nouveau mot, le « Fordisme », défini comme : « Mode de développement industriel visant à accroître la productivité par la réorganisation du travail ». Il s’agissait d’un modèle d'organisation et de développement d'entreprise créé et mis en œuvre par Henry Ford, à l'occasion de la production de son nouveau modèle, d’automobile, la Ford T. Tous les concurrents du monde entier s’y sont engouffrés, et ce, jusqu’en 2023, avant que les Chinois n’y mettent fin, par la plus spectaculaire des façons, mais dans la discrétion la plus totale, c’est-à-dire, sans faire de bruit. Mais ce qui n’atténue pas la douleur et le fait de contraindre tous ceux qui ont pratiqué le fordisme à devenir les terribles Morlocks de Wells. Epilogue de 2023. Nous sommes le 30 juillet 2023, c'est site d'information, Carscoops qui defraie la chronique avec ce titre : "Ford Loses Over $32,000 Per EV During The Second Quarter, Shifts Production Goals" (Ford perd plus de 32 000 $ par véhicule électrique au cours du deuxième trimestre et modifie ses objectifs de production) A travers la divulgation des résultats financiers du deuxième trimestre 2023 chez Ford, le journaliste Stephen Rivers, spécialiste de l'automobile, nous dit que les nouvelles ne sont pas bonnes du côté de chez Ford. En résumé, on découvre que la division électrique de l’entreprise, est en train de ramer et que non seulement l'entreprise n’a réussi à vendre que 34 000 modèles électriques et hybrides rechargeables, mais qu'en plus avec ces quelques 34.000 voitures, elle n'a pas gagné de l'argent, et qu'au contraire elle en a perdu 1,8 milliard lors du deuxième trimestre de 2023. Et le calcul est vite fait : Elle a perdu pour chaque voiture électrique vendue, la bagatelle somme de 32.000 dollars.