DEFINITION La capitulation, aussi appelée : la reddition, est un acte par lequel une force militaire perdante, met fin à ses hostilités et se soumet à l'ennemi plus fort. Cet acte se produit très souvent à la fin d'un conflit armé, et il est régi par plusieurs règles et conventions internationales dont le but est d’éviter le désordre et le chaos à la fin d’un conflit armé, et pouvoir par conséquent, garantir une cessation ordonnée des combats et à protéger les droits des combattants perdants qui déposent les armes pour se rendre et des civils. Les différentes conventions internationales sur la capitulation : La Convention de La Haye (1899 et 1907) --------- La première Conférence de la Paix de 1899 fut convoquée à la Haye par le  Tsar de Russie, Nicolas II, afin de "rechercher les moyens les plus efficaces d'assurer à tous les peuples les bienfaits d'une paix réelle et durable et de mettre avant tout un terme au développement progressif des armements actuels" (Note russe du 30 décembre 1898/11 janvier 1899). Trois sujets sont à l’ordre du jour : la limitation des armements, des effectifs et des budgets militaires ; la mise en place de conventions visant à réduire, en temps de guerre, l’usage des armes les plus meurtrières et les souffrances inutiles ; la reconnaissance, pour les cas qui s’y prêtent, du principe de l’arbitrage « dans le but de prévenir des conflits armés entre nations ». Vingt-six gouvernements étaient présents à la séance d'ouverture de la Conférence à La Haye, le 18 mai 1899. Trois Conventions et d'autres actes mentionnés dans l'Acte final ont été adoptés le 29 juillet 1899. Des dispositions ont également été prises pour convoquer une deuxième conférence. Celle-ci eut lieu à La Haye, du 15 juin au 18 octobre 1907. --------- Source : https://ihl-databases.icrc.org/fr/ihl-treaties/hague-finact-1899 Ces deux Conventions de La Haye de 1899 et 1907 convoquées par la Russie, sont parmi les premiers traités internationaux qui énumèrent clairement les règles détaillées sur la conduite des guerres, de son déclenchement jusqu’à la capitulation. Ces conventions établissent des principes généraux dont le but principal est celui d’humaniser les conflits et à protéger les combattants et les non-combattants. Concernant la capitulation, ces deux conventions de la Haye disent que les termes de la reddition doivent être négociés de bonne foi et respectés par les deux parties. Les Conventions de Genève (1949) Les Conventions de Genève de 1949, et leurs protocoles additionnels, constituent le cadre juridique le plus complet pour la protection des victimes des conflits armés. Elles contiennent des dispositions spécifiques relatives à la capitulation, notamment en ce qui concerne le traitement des prisonniers de guerre. Les conventions exigent que les prisonniers de guerre soient traités avec humanité, protégés contre les actes de violence, et reçoivent les soins et l'assistance nécessaires. Les Protocoles additionnels aux Conventions de Genève (1977) Les Protocoles additionnels de 1977 renforcent les dispositions des Conventions de Genève en élargissant leur champ d'application aux conflits armés non internationaux et en précisant les protections accordées aux personnes ne participant pas directement aux hostilités. En ce qui concerne la capitulation, ces protocoles insistent sur l'importance de protéger les civils et de faciliter le retour à la paix. Les pratiques militaires et les accords de capitulation Les négociations de la capitulation Les capitulations sont généralement précédées par des négociations entre les commandants des forces belligérantes. Ces négociations peuvent se dérouler directement sur le champ de bataille ou par l'intermédiaire de représentants désignés. Les termes de la capitulation peuvent inclure des conditions telles que la cessation des hostilités, le désarmement des forces, la libération des prisonniers de guerre, et les garanties de sécurité pour les civils. Les documents de capitulation Les accords de capitulation sont souvent formalisés par des documents écrits signés par les représentants des parties en conflit. Ces documents précisent les termes et conditions de la reddition, et ils ont force de loi une fois signés. Ils peuvent également inclure des dispositions concernant l'administration des territoires occupés et la protection des biens culturels et historiques. Le respect des termes de la capitulation Le respect des termes de la capitulation est essentiel pour maintenir la confiance entre les parties en conflit et pour faciliter la transition vers la paix. Les violations des accords de capitulation peuvent entraîner des représailles, prolonger les hostilités, et compliquer les efforts de reconstruction post-conflit. Les commandants militaires et les forces armées sont tenus de respecter les termes de la capitulation et de veiller à ce que leurs subordonnés fassent de même. Dans notre cas de l’Ukraine, nous avons appris hier dimanche 16/02/2025 que l’envoyé des Etats-Unis Kellogg a dit clairement que les pays européens n’y seront pas associés. Ce qui a valu une vive protestation de ces pays exclus. Mais quand on regarde de plus près, on se rend compte du fait que les Européens n’ont jamais considéré la simple éventualité d’une défaite de l’Ukraine qu’ils soutenaient. Ce qui n’est pas le cas des Etats-Unis. Alors qu’en 2022, le président français Emmanuel Macron divulguait au public, pour faire du buzz, une conversation confidentielle avec le président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, dans l’optique de faire partie comme arbitre de la négociation pour la fin du conflit, les Etats-Unis ont profité de la transition politique à Washington, pour faire passer la nouvelle administration Trump, comme la grande amie de la Russie.  Ce qui lui a garanti son ticket pour faire partie des négociations, non pas comme belligérants, mais comme arbitre au milieu des deux belligérants, la Russie et l’Ukraine, comme si les Etats-Unis n’y avaient jamais pris part. Quand le président Trump dit : « La Russie veut négocier pour mettre fin à la guerre, l’Ukraine aussi veut négocier pour terminer cette guerre qui n’aurait jamais dû commencer », il s’octroie ainsi à lui-même, la crédibilité de faire partie des négociation. C’est ce que Emmanuel Macron, le président français n’a pas compris, se mettant à proposer d’envoyer les troupes au sol, pour venir en aide aux troupes ukrainiennes en difficulté, il partageait en même temps le fardeau de la défaite de l’Ukraine. Ce qui le disqualifiait d’office pour être invité à la table de négociation, sinon, pour faire la vaisselle et puis c’est tout. La France devient ainsi d’office disqualifiée pour faire partie des négociateurs, pour pacifier les deux belligérants. Voici quelques exemples historiques de capitulations La capitulation de l'Allemagne en 1945 L'un des exemples les plus marquants de capitulation est celle de l'Allemagne nazie à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le 8 mai 1945, le haut commandement allemand signe l'acte de reddition inconditionnelle à Berlin, mettant fin à la guerre en Europe. A partir de cet acte, ce sont les gagnants sur l’Allemagne qui vont faire du pays ce qu’ils veulent, jusqu’à diviser la capitale Berlin en deux villes différentes. La capitulation du Japon en 1945 Quelques mois après la reddition allemande, le Japon signe à son tour l'acte de capitulation le 2 septembre 1945, à bord du cuirassé USS Missouri. Cette capitulation met fin à la guerre dans le Pacifique et marque le début de l'occupation américaine du Japon, ainsi qu'une série de réformes politiques et économiques visant à reconstruire le pays. La reddition de Napoléon en 1815 Un autre exemple historique est la reddition de Napoléon Bonaparte après sa défaite à la bataille de Waterloo en 1815. Napoléon abdique et se rend aux forces alliées, marquant la fin de son règne et le début de la Restauration des Bourbons en France. La capitulation de la France (1871) La capitulation de la France à la fin de la guerre franco-prussienne est un autre exemple classique de capitulation. Le 19 juillet 1870, la France déclare la guerre à la Prusse. Le 28 janvier 1871, le gouvernement français signe la capitulation avec la Prusse.  Les opérations militaires s’achèvent ce même jour du 28 janvier 1871 avec la défaite de la France et la conséquente, capitulation de Paris. Le conflit se termine le 10 mai 1871 (avec le traité de Francfort), après avoir provoqué la chute du second empire (de Napoléon) et la proclamation de la république. Avec la défaite, la France voit son territoire amputé de l’Alsace et d’une partie de la Lorraine. Ces régions, incorporées à l’empire allemand, ne redeviendront françaises qu’après la victoire de 1918 et la capitulation à son tour de l'Allemagne. La défaite a toujours une conséquence fâcheuse pour les perdants. Dans ce cas, dans l’acte de capitulation, la France a signé de perdre deux régions du territoire français, l’Alsace et une partie de la Lorraine ?