COMMENT FONCTIONNE UNE INSTITUTION RELIGIEUSE SOUS REGIME COLONIAL ? L’EXEMPLE DES SIXAS ! Les Sixas, qui à l’origine signifiait Sister en anglais, ou l’œuvre des Sœurs Catholiques était une sorte de prison où on incarcérait toutes les jeunes filles du sud du Cameroun et à qui on faisait un lavage de cerveau, sur le type d’homme chrétien avec qui elle doit se marier à l’église et surtout pour fuir tout recourt à la tradition africaine.   Dans ces prisons ou camps de concentration, ces filles devaient travailler comme des esclaves dans les plantations appartenant à l’Eglise Catholique, du temps des Allemands et maintenant, ça continue avec les français. Allons plutôt lire ce qu’en dit le biographe de Mgr Vogt à la page 130 de son livre : « C’est pour préserver la famille en préparant son édification sociale qu’au Cameroun a été fondée l’œuvre des Sixas. Mais d’abord, en quoi consiste cette œuvre qui a fait couler beaucoup d’encre et dire parfois bien des sottises ? Les missionnaires français ne l’ont pas inventée, comme on l’a cru. Elle était organisée bien avant leur arrivée ; et l’on peut affirmer que sans elle jamais l’évangélisation n’aurait atteint l’élément féminin avec cette ampleur au Cameroun, que jamais n’auraient pu être célébrés autant de mariages chrétiens. C’est aux Pères Pallotins que l’on doit la création des Sixas, à propos de quoi les << Missions Catholiques >> écrivaient dans l’édition de 1946 : «  Les Pères Pallotins, en dépit des difficultés, réussirent à obtenir au Cameroun des succès inespérés grâce surtout à deux œuvres qu’ils fondèrent, celle des catéchistes auxiliaires et celle des Sixas ou Maison des Fiancés, où toutes les jeunes filles indigènes déjà promises au mariage devaient obligatoirement passer quelques mois pour y apprendre, sous la direction de Religieuses Missionnaires, les moyens de devenir plus tard de bonnes mères de familles chrétiennes ». Tandis que la chrétienté se développait, tout de suite en effet se posa la question du mariage des jeunes chrétiens. Question délicate, car la jeunesse féminine - étant donné les traditions païennes du pays (polygamie, trafic des femmes) — n’avait pas encore été atteinte par l’évangélisation. Aussi, pour assurer une base solide, aux futurs foyers chrétiens, les Pères Pallotins décidèrent d’obliger toutes les fiancées païennes, avant d’être admises au baptême puis au mariage, à venir faire un stage chez les Sœurs, en anglais : Sisters. Les noirs deformèrent vite le mot et dirent Sixa. Et la locution devint usuelle en éwondo : mettre sa fille à Sixa signifiait la placer chez les Sœurs en attendant le mariage.  Lorsque les missionnaires français prirent la succession des Pallotins, ils n’avaient aucune raison de supprimer cette institution qui s’était avérée si profondément utile. Comme ils n’avaient pas encore de religieuses françaises pour les aider (elles n’arriveront qu’en 1925), ils firent surveiller les établissements des Sixas par des chefs catéchistes indigènes, chrétiens mariés, pères de famille, en qui ils avaient pleine confiance. » « Mais le Cameroun est un pays sous-tutelle de la Société des Nations et non une colonie française ». Et par conséquent, les travaux forcés sont interdits. C’est exactement ce que le gouverneur Marchand, Commissaire de la République au Cameroun écrit par courrier au Vicaire Apostolique, Mgr Vogt en date du 26 février 1930, à la suite de la mort de l’une des jeunes filles dans ce camp de concentration de l’Eglise catholique au Cameroun appelé SIXA.  A la page 133 du livre, Mgr Vogt s’empresse de répondre par écrit, lui aussi au Gouverneur Marchand, non seulement en justifiant les travaux forcés, mais en accusant Marchand de recourir lui aussi aux travaux forcés des camerounais notamment pour le portage. Voici ce qu’il écrit : « Etait-ce donc travaux forcés que d’occuper les femmes de Sixa au lieu de les laisser dans l’oisiveté ?... La belle affaire pour la plupart de ces jeunes filles de la brousse que de bêcher, semer, planter et récolter !  Au surplus, la Mission, qui n’était pas riche, pouvait-elle fournir aux besoins vitaux de ces centaines de femmes sans la moindre contrepartie ? Il fallait donc que les plantations de la Mission fussent rendues capables de nourrir toutes ces bouches... Et puisque le gouverneur a mentionné que << les officiers de police judiciaire et les inspecteurs du travail peuvent visiter nos installations et y faire des investigations >>, qu’ils viennent, << ils trouveront nos maisons ouvertes, et nous n’avons rien à cacher >>. Au milieu de sa lettre, Mgr Vogt quitte sa position d’accusé des travaux forcés ayant causé la mort d’une jeune fille à l’accusateur contre l’administration française :   << Il n’y a que peu de mois, je vous priais d’intervenir en faveur de femmes qu’on avait cherchées de nuit pour les conduire à des travaux (forcés) loin de leurs villages...