Selon la World Airlines Directory, Flight International dans son édition du 2 avril 1983, pages 868 et 869, en 1982, la compagnie aérienne publique de l’Union Soviétique Aeroflot est la première compagnie aérienne du monde avec 108 millions de passagers transportés pour la seule année 1982, à travers  3 600 aéroports dans 93 pays, sans oublier 3,1 million de tonnes de fret transportés. Les vols internationaux étaient assurés au départ de Moscou avec des avions Iliouchine Il-62 et Tupolev Tu-154. En 2011, 29 ans après, Aeroflot n’a transporté que 14,1 millions de passagers à travers le monde, soit une chute de 87%. En 2021, selon le site internet de Aeroflot, sur 243 avions qui composent la flotte de la compagnie, tous les gros porteurs sont étrangers, des Boieng et des Airbus. Le seul avion russe de la compagnie est le Soukhoï SuperJet 100  ou le Russian Regional Jet ou RRJ ; c’est un petit avion de transport régional de la société Soukhoï Civil Aircraft Company (SCAC) d’à peine 75 à 95 places, dont le premier vol a eu lieu le 19 mai 2008. Aeroflot en a acheté 54. Tous les anciens gros porteurs, qui avaient fait la gloire de l’Union Soviétique,  les Iliouchine Il-62 et Tupolev Tu-154 ont tous effectué leurs derniers vols quelques années avant. Le dernier Tupolev est retiré de la circulation en 2009, alors que le dernier Iliouchine Il-96-300 qui avait effectué son premier vol en 1993, est retiré des vols en 1914, à peine 21 ans de vie. Quelle humiliation pour les militaires russes, pour monsieur Tupolev, le visionnaire russe qui a donné son nom à cet avion. Le seul avion de ligne moyen-courrier russe, le Tupolev Tu-334, une version améliorée de l’ancien Tu-154, développé par la société militaire Tupolev, n’a même pas été fabriqué, parce qu’en 2009, en phase de projet et de programme de sa mise en service sur une ligne régulière, malheureusement, aucun appareil n'a été vendu. L’avion n’ayant pas trouvé de preneur. L’activisme des américains contre toute personne qui voudrait collaborer avec Moscou a eu raison de cet avion. Un an avant, le Soukhoï SuperJet 100 avec une moindre capacité, avait son premier vol le 19 mai 2008. Mais pourquoi les américains peuvent-il s’activer pour faire échouer le projet Tupolev et laisser réussir le Soukhoï Superjet ? Ce petit avion de fabrication russe, n’est au fond qu’assemblé en Russie, l’essentiel des composantes étant européennes et nord-américaines : Parker, BE Aerospace, Honeywell, Goodrich, Curtiss-Wright, Thales Avionics, Intertechnique, Liebherr, ECE, Leach International, Saft, Okal, Saint-Gobain Sully, Sogitec, Le Bozec etc.  Pire, le constructeur américain Boeing et le constructeur italien, Alenia Aeronautica sont partenaires dans la fabrication en Russie de ce petit avion. Et même là, les Américains ont décidé que cet avion doit circuler presqu’exclusivement en Russie. Les commandes passées par l’Iran ont été toute annulées, parce que les Américains disent que puisque plus de 10% des composantes de l’avion sont américaines, et que l’Iran est sous le coup de l’embargo des Etats-Unis, alors, la Russie n’a pas le droit d’exporter le Soukhoï SuperJet 100 à l’Iran, ni à tout autre pays qui fait l’objet d’embargo américain. Maintenant on connait l’humiliation, oui, mais qu’est-ce qu’on fait ? C’est la Chine qui prend les devants en 2011.  En juin 2011, la compagnie publique chinoise d’aviation, Comac annonce qu’elle étudie le lancement d’un avion gros-porteur de 290 places, dénommé C929 et un autre de 390 places dénommé C939. La Chine propose à la Russie de les fabriquer ensemble. Un an après, en juin 2012, la Russie accepte. Une joint-venture entre l’entreprise publique russe UAC  et la chinoise Comac est prévue avec un budget de 12 milliards de dollars. Dans ce mariage, la Chine porte en dote, l’argent et la Russie, son savoir-faire dans la fabrication de son Ilyushin Il-96-300. Mais ce que les gens ne savent pas à l’époque, était que l’annonce de ce mariage n’était au fait que l’épilogue d’un feuilleton commencé en 2008. Cette année-là, la Chine a lancé la fabrication d’un avion moyen-courrier dénommé C919. Mais elle n’a jamais fabriqué un si grand avion, même s’il ne s’agit que d’un moyen-courrier. La Chine va mettre en route un système d’espionnage industriel des plus redoutables qu’on enseignera pendant des années à venir dans les écoles d’espionnage à travers le monde. Car l’avion C919, passera à l’histoire comme le premier avion entièrement réalisé grâce au cyber espionnage. L’avion chinois qui a effectué son premier vol d’essai en 2017, est en réalité un avion transitoire, inventé uniquement dans le but de soutirer à l’ennemi ce qui faisait son avance technologique. Je récapitule : Les 2 meilleurs avions longs courriers russes : Iliouchine et Tupolev n’arrivent pas à traverser les évènements qui vont marquer la fin de l’URSS. Par exemple, le Iliouchine 96-300 qui transporte 300 passagers pour parcourir 11.000 km sans arrêt a commencé son développement en 1986. Le 28 septembre 1988, commence le premier vol. La première production de série commence en 1993, après qu’il soit certifié par l’agence russe et l’agence chinoise, mais ne reçoit pas de code Otan, une malignité des américains qui veulent semer le doute dans la date des pays qui vont acheter l’avion. Résultat des courses, cet avion ne sera produit qu’à 24 exemplaires dont l’avion présidentiel russe (celui que prend Poutine), l’avion présidentiel cubain, mais aussi 3 compagnies aériennes commerciales : Aeroflot, Air China et Cubana qui est aujourd’hui la seule compagnie à l’utiliser, puisque même Aéroflot a retiré ses 4 avions Il-96-300 de la circulation en 2014. Et les Chinois les ont imités.