“LANCEMENT DU NOUVEAU TRAITEMENT ANTI-VIH IMMUNOREX-DM28® EN AFRIQUE.” Et le sous-titre : L'institut français IIDSRSI, soutenu par des scientifiques renommés comme le Pr Jean Claude Chermann (France) et le Pr Mark Wainberg (Canada), a annoncé la mise sur le marché en Afrique d'un médicament contre le VIH. Les autorités congolaises n’y ont vu que du feu. On prend un africain qu’on fait passer pour l’inventeur d’un médicament contre le VIH. Cela a le rôle de susciter la fierté d’un continent fait surtout de naïfs à la recherche des héros qu’il n’y a pas. Et ça, les blancs le savent. Ils vont dont nous offrir le héro qui nous manque, un professeur gabonais, Donatien Mavoungou, Biochimiste, directeur du Centre de Recherche des Pathologies Hormonales (CRPH) de Libreville. On nous a annoncé que même le médicament est 100% africain parce que produit par la société Sparta Pharmaceuticals installée à Johannesburg en Afrique du Sud. Comment douter que tout cela puisse être faux ? Déjà, observez bien que tous les acteurs sont des Blancs, à l’exception d’un seul africain supposé être l’inventeur de ce médicament anti-VIH. Ça aurait dû faire douter. Le seul autre noir qui intervient dans l’affaire est celui qui va nous dévoiler que tout cela n’était que du faux. Il s’appelle, le professeur Franck Idiata, il est commissaire général du CENAREST, le centre national de la recherche scientifique du Gabon. Voici ce qu’il va déclarer le 01/12/2016, à Olivier Hertel de la revue scientifique française, Science et Avenir : « Nous avons été appelés à donner au ministre gabonais de l'Education nationale et de la Recherche scientifique notre avis sur ce sujet en 2010 et 2011 et avons conclu le 20 avril 2011 - soit environ une semaine avant son interdiction de vente - qu'"en l'absence d'un dossier scientifique", l'IM 28 "ne peut être en aucune façon vendu comme 'médicament'". Que l’IM28 de Donatien Mavoungou n’était pas un médicament contre le VIH/SIDA et qu’il ne pouvait être vendu. Nous avons présenté toute l’argumentation au Conseil scientifique national gabonais, qui avait fort heureusement décidé du retrait de ce produit alors vendu, de façon aussi incroyable qu’invraisemblable, dans une pharmacie de Libreville. Ladite pharmacie avait d’ailleurs été fermée le temps de l’enquête par l’Inspection générale de la Santé. Les autorités du pays avaient alors détruit les stocks d'IM28 dont disposait encore la pharmacie. Au Gabon, la question de l’IM28 est définitivement réglée ». « La question de l’IM28 définitivement réglée » dont parle le professeur Franck Idiata, s’agit d’un communiqué du 29 avril 2011 de la ministre gabonaise de la Santé, Claudine Menvoula disant ceci : « La prescription de l’IM28 est formellement interdite sur toute l’étendue du territoire (...) Tous les stocks disponibles doivent être détruits ». La revue va donc présenter la documentation supposée prouver les essais cliniques du médicament au Professeur Jean Daniel Lelièvre, spécialiste du SIDA, et chef de service au centre hospitalier universitaire Henri Mondor et responsable recherche clinique à l’Institut de Recherche Vaccinale à Créteil (Paris). Et voici ce qu’il déclare : « Il ne s’agit en aucun cas d’une étude clinique ou même d’une étude scientifique. Cela ressemble plus à une sorte d’article de vulgarisation sur les effets de la DHEA, la molécule active de leur produit. Il n’y a par exemple pas de comparaison du traitement avec un placebo comme cela doit se faire systématiquement. Cela n’a donc aucune valeur (…) Une étude sur le sujet a déjà été réalisée et publiée en 2007 par une équipe américaine. Elle n’a montré aucun effet positif de la DHEA (molécule active d'Immunorex), sur le virus ou sur le système immunitaire des malades. En plus, la DHEA n’était envisagée que comme complément au traitement antirétroviral et non comme traitement principal ». Mais cela n’est pas le plus grave de nos aventuriers sorciers. Le plus grave est la réponse à la question : pourquoi cette bande est-elle si pressée d’imposer un faux médicament à l’Afrique, le 1er décembre 2016 ? C’est la question que la revue pose au professeur Monsef Benkirane, virologue au CNRS et directeur de l'Institut de génétique humaine à Montpellier, en France. Et tenez-vous bien. Voici ce qu’il répond : « Le coût des trithérapies devrait être divisé par 10 (l’année prochaine) en 2017 car ces molécules vont tomber dans le domaine public. Cela va donc faciliter l'accès aux traitements dans les pays en développement ». Vous avez bien compris. Pour empêcher que l’Afrique profite des génériques découlant d’un médicament qui va tomber dans le domaine public l’année d’après, une bande de charlatans s’activent pour imposer un faux médicament à toute l’Afrique un an après. Puisque si tous les pays africains avaient fait le contrat sur 10 ans avec notre guru gabonais, on aurait condamné des patients africains à mourir à cause d’un faux médicament, acheté par le gouvernement sur la base d’une fierté africaine et l’envie de consommer africain et contribuer au patriotisme africain.